10.01.2022 /
Nigeria
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Nigéria: les meurtres continuent dans le Nord du pays

Dans le Nord du Nigéria, le pasteur Bature a été tué par ses ravisseurs le 8 décembre, alors qu'au Centre du pays, 10 chrétiens ont été assassinés.

Enlèvements perpétrés par les groupes islamiques radicaux dans l'État de Kaduna au Nord, attaques des extrémistes peuls dans l'État central du Plateau... Avec la fin de l'année 2021, la persécution qu'endurent les chrétiens n'a pas faibli: un pasteur et 10 fidèles, dont 3 enfants, ont été assassinés. 

«De plus en plus cruels et brutaux!»

Dauda Bature était pasteur de l'église évangélique Winning All à Nariya, localité d'Igabi dans l'Etat de Kaduna. Enlevé le 8 novembre alors qu'il travaillait dans sa ferme, ses ravisseurs avaient exigé une rançon. 10 jours plus tard, sa femme est venue remettre la rançon et a été enlevée à son tour. La somme n'était pas suffisante selon les ravisseurs. Le 6 décembre, l'épouse du pasteur a été relâchée pour aller rassembler plus d'argent. Elle n'en a pas eu le temps: 2 jours plus tard, son mari a été assassiné, victime de l'impatience des ravisseurs.

Joseph Hayab, président de l'Association Chrétienne du Nigeria à Kaduna a réagi: 

«Les malfaiteurs sont de plus en plus cruels et brutaux, ils ne font preuve d'aucune pitié. Cela montre que le gouvernement doit monter en puissance dans sa réponse. La rhétorique ne suffit plus, il faut leur montrer qui est le plus fort.» 
10 chrétiens dont 3 enfants tués

Quelques jours avant cet assassinat, des extrémistes peuls ont mené une attaque dans l'État du Plateau, au Centre du pays. Le 26 novembre, au moins 10 chrétiens dont 3 enfants ont été tués. Il s'agit de la seconde attaque en une semaine dans le comté de Bass. Peu après minuit, les assaillants ont fait irruption dans le village de Te'egbe. Ils ont mis le feu à plus de 100 maisons et ont tiré sur les habitants. Près de 700 personnes ont été déplacées suite à l'attaque. Ce nouvel attentat, prémédité, vient endeuiller la communauté chrétienne de cette région. La semaine précédent l'attaque, ces mêmes extrémistes avaient envoyé une lettre prévenant de leurs intentions. Mais les autorités militaires avaient douté du sérieux de ces menaces. 

Tout ceci intervient alors que les États-Unis viennent d'enlever le Nigéria de sa liste noire des «pays particulièrement préoccupants» en matière de violation de la liberté religieuse.