27.03.2022 /
Turkménistan
/ news

Turkménistan: pas d'espoir de changement pour les chrétiens

L' élection présidentielle a vu le fils du Président succéder à son père à la tête du Turkménistan, privant les chrétiens de tout espoir de changement. 

Le 12 mars, Serdar Berdymoukhamedov est devenu le nouveau Président du Turkménistan. Il prend les rênes du pays à la suite de son père. Pour les chrétiens, cela peut-il signifier une évolution de leur condition à court ou moyen terme? Selon un de nos analystes, il n'y a pas grand-chose à espérer tant sur le plan politique que religieux: 

«Les élections ne sont jamais libres ici. Le fils va succéder à son père. Mais cela n'apportera aucun changement au Turkménistan.»
Culte de la personnalité

Pour comprendre ce que vivent les chrétiens au Turkménistan, il faut considérer la nature du régime. Serdar Berdymoukhamevok est le fils de Gurbanguly Berdymoukhamevok: au pouvoir depuis 2006, il avait imposé son propre culte de la personnalité. Une tradition qui devrait perdurer avec le fils. Le Turkménistan est l'un des pays les plus fermés au monde. Le Président détient tous les pouvoirs et il n'y a aucune liberté religieuse. Le pays est musulman à 95%. Mais comme au temps des républiques soviétiques d'Asie Centrale, le régime est fortement influencé par l'athéisme. Et il compte bien garder toutes les religions sous le contrôle de sa poigne de fer.

Une surveillance extrême

Au Turkménistan, la persécution ne se manifeste pas sous forme de violence, elle se traduit plutôt par une surveillance extrêmement pesante. Les services religieux sont contrôlés, y compris ceux des églises historiques (Église orthodoxe russe et Église apostolique arménienne). La publication et l'importation de littérature chrétienne sont soumises à de fortes restrictions. Les chrétiens d'arrière-plan musulman sont les plus persécutés, à la fois par l'État, leur famille, leur entourage et la société. Les églises qui ne sont pas enregistrées officiellement auprès du pouvoir font l'objet de descentes de police, de menaces, d'arrestations et d'amendes. 

Dans l'Index mondial de persécution 2022, le Turkménistan occupe le 25ème rang et sa position ne devrait guère évoluer dans le bon sens.