03.01.2022 /
Soudan
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Soudan: nouveau rebondissement pour les chrétiens

Le Premier Ministre, qui avait réintégré ses fonctions après le coup d'Etat, démissionne suite aux manifestations de ce début d'année, mettant les chrétiens du Soudan dans l'expectative. 

Il était le Premier Ministre du gouvernement de transition avant le coup d'État militaire du 25 octobre au Soudan. Un mois plus tard, Abdalla Hamdok réintègre ses fonctions. Il vient de démissionner le 3 janvier. Est-ce la fin des rebondissements ?

Crainte d'un retour en arrière

Les chrétiens sont dans l'incertitude quant à un nouveau retour au pouvoir. Pourront-ils compter sur lui? Ou aura-t-il les mains liées au point de revenir sur les promesses qu'il leur avait faites?

De nombreux Soudanais ont tranché. Le 25 novembre, ils étaient des dizaines de milliers à être descendus dans les rues de Khartoum. Ils accusent Abdalla Hamdok de traîtrise. Ils estiment que l'armée essaie de légitimer sa prise de pouvoir en faisant appel à lui. Si avec l'aide du Premier Ministre les militaires se maintenaient au pouvoir, les chrétiens auraient de quoi être inquiets. Ils pourraient dire adieu aux avancées en matière de liberté religieuse qu'ils avaient réussi à obtenir de l'ancien gouvernement. Si les islamistes soutenaient le pouvoir, on pourrait assister au retour de la charia.

Lueur d'espoir?

Il reste malgré tout une lueur d'espoir pour les chrétiens soudanais. C'est ce même ministre qui, à la tête du gouvernement de transition, avait adopté plusieurs amendements à la constitution favorables aux chrétiens. Un de ces amendements prévoyait notamment d'abolir la peine de mort pour apostasie. Ce qui permettait, en théorie, aux musulmans de se convertir au christianisme.

Cependant, depuis son retour, M.Hamdok n'avait pas évoqué les 41 morts et les nombreux manifestants blessés. Il n'avait pas parlé des personnes disparues alors qu'elles exprimaient pacifiquement leur désaccord politique.

S'il n'a pas défendu la liberté d'expression des Soudanais, pourra-t-il, peut-être demain, défendre la liberté religieuse des chrétiens?