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Des enfants sur le perron d'une église. Tafawa Balewa, au Nigeria.

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Nigeria: Appel à la prière pour les chrétiens touchés par les attaques en cours dans l'État du Plateau

Des attaques contre des communautés principalement chrétiennes dans l'État du Plateau ont été signalées en mai. Elles se sont poursuivies en toute impunité et sont toujours en cours.

«Nous étions encerclés par des militants fulanis. Je leur ai échappé de justesse, ainsi que ma femme et mes enfants. Deux de mes voisins ont été tués. J’ ai vu de mes yeux comment ils ont brûlé ma nourriture, mon matelas, mes coussins et mon huile de palme. Ils ont brûlé tout ce que je possédais. La seule chose qu’il me reste, ce sont les vêtements que j'ai sur le corps», raconte à nos partenaires Simon, un chrétien nigérian qui a survécu à une attaque contre sa communauté le 1er juillet.

Plus récemment, des militants fulani ont tué au moins neuf personnes lors d'une autre attaque à Farin Lamba, dans l'État du Plateau. Plusieurs maisons ont également été brûlées à la suite de l'attaque du dimanche 9 juillet.

Plus tôt, le 1er juillet, au moins deux bâtiments d'église appartenant à l'Église du Christ dans les Nations (COCIN) et à Living Faith ont été incendiés dans la région de Sabon-Gari, 15 personnes ont été tuées le 7 juillet, 13 le 8 juillet et 2 le 10 juillet.

Des attaques devenues quasi quotidiennes

«Les attaques se produisent presque tous les jours dans différentes communautés de ces régions», a déclaré un partenaire de Portes Ouvertes.

«S'il vous plaît, aidez-nous à prier, les Fulanis nous ont détruits. S'il vous plaît, aidez-nous à prier pour que Dieu subvienne à nos besoins et nous protège»,

demande Simon. Danladi, un autre survivant, a décrit une expérience similaire: «C'était la nuit; nous étions à la maison quand ils ont encerclé toute la communauté. Ils sont arrivés et ont commencé à tirer; ils ont tué beaucoup d'entre nous, nous avons échappé de justesse. Nos maisons ont été brûlée; nous vivons toujours dans la tension», a-t-il déclaré.

Le gouverneur de l'État du Plateau, Caleb Mutfwang, a imposé un couvre-feu de 24 heures, après les attaques meurtrières de dimanche 9 juillet. Le couvre-feu a depuis été assoupli.

Des centaines de morts et des milliers de déplacés

Depuis deux mois, le district de Mangu est le théâtre d'affrontements entre éleveurs nomades peuls et agriculteurs pastoraux qui, selon les dirigeants communautaires, ont déjà fait plus de 200 morts.

Le révérend Dr Gideon Para-Mallam, de l'association Gideon et Funmi Para-Mallam, affirme qu'entre le 17 avril et aujourd'hui, 346 personnes ont perdu la vie dans l'État du Plateau, dont plus de 200 rien que dans le district de Mangu. Sur ce nombre, 315 sont des chrétiens et 31 des musulmans. La Mwanghvul Development Association (MDA) rapporte que 54 villages ont été attaqués par les Fulanis.

Il y a 18’751 personnes déplacées à l'intérieur du pays (IDP) hébergées dans 14 camps, soit un total de 6603 ménages, hébergés au sein de l'Église du Christ dans les Nations (COCIN) et des Conseils d'Église locales.

Un conflit ethnique ou religieux ?

Il est important de noter que les médias laïques continuent de qualifier ces attaques d'«affrontements ethniques entre éleveurs et agriculteurs». Cependant, les violences sont commises à l'encontre d'agriculteurs majoritairement chrétiens et, par le passé, les Fulanis ont été identifiés à la fois comme auteurs et comme victimes. Bien qu'ils soient victimes d'attaques de la part d'agriculteurs chrétiens, les preuves montrent que la violence affecte fortement et de manière disproportionnée les agriculteurs chrétiens. Les causes profondes de la violence entre éleveurs et agriculteurs au Nigeria sont multiples, et la religion s'est avérée jouer un rôle majeur dans le conflit.