14.03.2022 /
Niger
/ news

Niger: la menace islamiste s'intensifie

Au Niger, la pression de la violence islamiste se manifeste par des enlèvements et l'application de la charia aux dépens des chrétiens.

Les habitants du village de Bomoanga (Niger) vivent dans la peur. Situé à 125 km de la capitale, Bomoanga se trouve dans la région frontalière avec le Mali et le Burkina Faso. Ces dernières années, les enlèvements perpétrés par les groupes djihadistes se sont multipliés. La violence ne cesse d'augmenter.

Début janvier, près de Bomoanga, 3 adolescents ont été enlevés alors qu'ils revenaient de l'école. Un quatrième a réussi à s'échapper. Soit ces garçons seront libérés un jour, soit on les obligera à se joindre aux combattants. Ou bien ils disparaitront comme des dizaines d'autres que l'on n'a jamais retrouvés. 

Plus le droit de fréquenter les églises

Dans les zones qu'ils contrôlent, les djihadistes imposent la charia. Les hommes doivent porter un pantalon noir et la barbe, les femmes le voile intégral. Ils exigent également une taxe et vivent aux dépens des villageois.

Les chrétiens sont particulièrement visés. Ils n'ont plus le droit de porter de croix ni de se réunir dans les églises. À Bomoanga, les fidèles prient dans les cours intérieures des maisons. Dans la région, ceux qui se sont obstinés ont été tués et leur village a été détruit. Mais les conséquences de l'extrémisme islamique ne sont pas seulement religieuses. Elles sont aussi d'ordre économique. 

Aide alimentaire d'urgence

Le Programme Alimentaire Mondial tire la sonnette d'alarme. À cause des violences perpétrées dans la région, 3,8 millions de nigériens ont besoin d'une aide d'urgence, notamment de nourriture.  

Les djihadistes imposent aux villageois de rester chez eux, ils n'ont plus le droit d'aller dans leurs champs ni au marché. En conséquence la récolte de millet a été nulle cette année et les villageois s'enfoncent dans la pauvreté. Certains fermiers essaient de faire de la résistance parce qu'ils ne veulent pas perdre leurs terres et leur maison.

Les attaques des groupes islamistes radicaux ont provoqué le déplacement de 2,5 millions de personnes au Niger, au Mali et au Burkina Faso ces 10 dernières années. Avec une telle augmentation de la violence islamique, le Niger a fait son retour dans l'Index mondial de persécution, au 33è rang.