04.04.2022 /
Mozambique
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Lorena du Mozambique: « Car Dieu ne m’a pas abandonnée »

Lorena (photo) est née dans un village de pêcheurs du nord du Mozambique. Elle n’est qu’une des milliers de personnes déplacées et veuves à cause de l’insurrection dans le nord. Comme tant d’autres, elle doit se reconstruire une vie à peu près correcte pour elle et sa famille à partir de rien.

présumés, appelés localement Shebab (*), ont attaqué le village de Lorena. Les hommes étaient partis pêcher pendant que les femmes et les enfants du village vaquaient à leurs occupations. « Nous les avons entendus arriver. Nous nous sommes réfugiés dans nos champs. Mais nos hommes ont été capturés alors qu’ils revenaient de la pêche. »

Les assaillants ont amené les hommes dans le village et ils ont trouvé les femmes et les enfants. Ils ont massacré les hommes en forçant les femmes et les enfants à assister à l’assassinat de leurs maris, pères et frères. Cette violence extrême a blessé Lorena psychologiquement et lui a imposé le fardeau de devoir nourrir seule de nombreuses personnes.

Même bien des mois plus tard, le souvenir de l’agression arrache des larmes à Lorena. Mais sa foi en Dieu est restée intacte. « Je ne fais confiance qu’à Dieu et Jésus-Christ. Car il ne m’a pas abandonnée. »

Lorena a décidé de fuir avec sa famille plus au sud, chez une cousine. La marche à travers la forêt était épuisante et ils n’ont rien eu à manger pendant des jours. « J’étais très éprouvée, mais mes enfants avaient besoin de moi. »

Lorena était depuis plusieurs jours chez sa cousine quand celle-ci a commencé à lui reprocher la mort de son mari – une réalité à laquelle beaucoup de déplacés se retrouvent confrontés lorsque leurs cousins ou autres réalisent qu’ils sont venus pour rester et qu’ils sont à leur charge.
Lorena avait économisé un peu d’argent et a trouvé un appartement à louer. « Ici, je suis tranquille, car je peux dormir. Ce n’est pas comme là d’où je viens, où j’entendais toujours des coups de feu... »

Malgré tout, elle reste enracinée en Christ. « Je lis la Bible et le dimanche, je vais à l’église. Je continue à prier Dieu pour qu’il nous donne de la force, à moi, à mes enfants et à mes sœurs, et que nous puissions continuer à avancer. »

Lorena et beaucoup d’autres chrétiens du nord du Mozambique continuent d’avoir besoin de notre aide, notamment d’un soutien émotionnel, pour surmonter leur traumatisme et la persécution croissante.

* Ce groupe terroriste n’a aucun lien avec les Shebab de Somalie. Il a fait allégeance à l’État islamique en 2019.

Tiré du magazine d'avril 2022