19.01.2018 / news

Kirghistan: «Nous bénissons les incendiaires»

Le 10 janvier dernier, nous avons publié notre Index mondial de persécution. Mais même dans les pays qui ne figurent pas sur cette liste, les chrétiens sont victimes de discrimination, d’hostilité et de violence, comme le montre cet exemple du Kirghistan. Malgré tout, les chrétiens kirghizes ne se laissent pas décourager.

La petite congrégation baptiste de Kadschysai au Kirghistan, en Asie Centrale, a perdu son église le 3 janvier dans les flammes. La communauté compte environ 40 membres. C'est ici que Kirghizes et Russes se réunissaient pour adorer Jésus-Christ, étudier la Bible, faire l'école du dimanche ettenir d'autres rencontres.

Déjà au cours des dernières années, le toit de l'église a été endommagé et les vitres cassées, mais cette fois-ci, la petite communauté doit chercher d'autres locaux. La cause de l'incendie n'a pas été clairement identifiée. Lors d’une attaque similaire contre une église à Tokmak en juillet 2017, des graffitis de menaces pointaient vers un arrière-plan islamiste.

Les médias locaux ont rapporté l'incident et ainsi provoqué un tollé public. La police a enquêté et fait savoir aux paroissiens: «L’incendie a visiblement été provoqué par des gens qui n’apprécient pas votre église et votre foi en plein pays musulman.» Mais au lieu de se concentrer sur la recherche des coupables, les policiers ont posé nombre de questions aux chrétiens qui n’ont aucun lien avec l’incendie, telles que: Qui a financé l'achat du bâtiment? Combien de Kirghizes font partie de la communauté? Pourquoi fréquentez-vous l'église plutôt que la mosquée?

L'un des chrétiens explique: «Nous ne croyons pas que la police trouvera et punira les coupables, mais nous les bénissons et prions pour eux. Dieu connaît les responsables de cet acte.»

Bien qu'ils aient déjà fait face à des hostilités à plusieurs reprises, les chrétiens restent confiants et inébranlables. Malgré la destruction, certains objets sont étonnamment restés intacts: la Bible, le piano et le toit. Le pasteur y voit l'œuvre de Dieu, car le feu a été mis tard dans la nuit pour que personne ne puisse l'éteindre.