24.10.2022 / news

KENYA: Sept ans plus tard, les blessures ne sont toujours pas guéries

Le 2 avril 2015, des combattants liés aux Shebab ont attaqué l’université de Garissa, tuant 148 personnes. Les étudiants chrétiens qui sont morts ce jour-là ont payé le prix fort pour avoir choisi le Christ. Quant aux survivants, comme Ronald, ils luttent toujours contre les douleurs physiques et psychiques causées par ce drame.

Ronald marche prudemment dans le champ de maïs, ses mains glissant sur les longues feuilles herbeuses. Les épis mûrissent encore, mais la récolte promet d’être bonne, bien meilleure que l’an dernier. Malgré cette perspective, Ronald n’est pas heureux. Il est maintenant agriculteur, et avec succès, mais son rêve est toujours d’être enseignant.

Ronald est retourné habiter chez ses parents. Il ressent comme une honte le fait d’être encore chez eux après ses études et de ne pas pouvoir vivre de manière indépendante.

Apprendre à vivre avec ses blessures

Ronald a terminé ses études à l’université de Garissa, dans le nord-est du Kenya. Comme la plupart des étudiants africains, il était persuadé qu’une fois son diplôme en poche, sa vie prendrait une meilleure tournure. Mais ce n’allait pas être le cas. Pas pour lui. Ronald a été atteint par une balle lors de l’attaque de l’université de Garissa par des ­extrémistes islamiques en 2015. Il a eu de la chance. La balle a touché trois de ses doigts et grièvement blessé son oreille, mais il a survécu. Presque tous les autres étudiants chrétiens ont été assassinés.

Grâce à votre soutien, au cours des sept dernières années, Portes Ouvertes a accompagné de nombreux survivants, avec l’aide d’églises et de partenaires locaux. La plupart ont appris à vivre avec leurs souvenirs. Beaucoup de plaies ont été refermées, sans doute aussi grâce à l’accompagnement post-traumatique. Beaucoup de ces survivants ont trouvé leur chemin dans la vie. Mais certains ont encore besoin de notre aide – tel Ronald, qui a en partie perdu l’ouïe et dont trois doigts ont dû être partiellement amputés.

Refusé à cause de son handicap

Avec l’aide de Portes ­Ouvertes, Ronald a pu terminer ses études. Muni de son diplôme, il a tenté de trouver un poste d’enseignant. Sans succès. Aucune école ne veut l’engager. Malgré le manque d’enseignants bien formés comme Ronald, même les écoles rurales de sa région ne veulent pas l’embaucher. Tout cela à cause de son handicap. Les autorités scolaires estiment qu’il n’est pas en mesure de faire régner l’ordre dans une classe.

Ces refus ont fait de Ronald un homme amer. Il ne peut accepter le fait qu’il ne trouvera probablement jamais de poste d’enseignant. « J’ai l’impression que les personnes handicapées ne bénéficient pas des mêmes chances. Je ne m’y attendais pas. Je n’ai jamais su que j’allais être handicapé. C’est juste arrivé. Je dois l’accepter comme faisant partie de ma vie. C’est mon nouveau moi maintenant. Je dois ­m’accepter. »

Les conséquences sont ­encore perceptibles

Mais Ronald a du mal à accepter cette nouvelle vie, notamment son handicap. Il lutte contre ses émotions. Il repense souvent à l’attaque de l’université de Garissa et revit sans cesse les tirs et les cris. Et il lui est difficile d’admettre que sept ans plus tard, il en subisse encore les conséquences. Il est clair que Ronald a encore besoin de prières et d’aide psychologique.

« Je suis facilement irritable. Et je rumine trop. C’est mon gros problème. Si quelqu’un réagit à mon égard d’une manière que je trouve mauvaise, j’y pense trop. S’il vous plaît, priez pour moi pour que je puisse surmonter cela. Priez aussi pour que Dieu m’ouvre une porte et que je trouve un poste d’enseignant. »

Nous vous remercions de nous soutenir par la prière et par vos dons, afin que nous puissions continuer à aider Ronald et tous ceux qui ont encore besoin de soutien pour guérir.

Tiré du magazine d'octobre 2022