14.12.2018 /
Iran
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Iran: 114 chrétiens arrêtés en une semaine

Les chrétiens font l'objet de nombreuses interpellations dans tout le pays. Les observateurs soupçonnent le gouvernement de vouloir les «mettre en garde» contre le prosélytisme en période de Noël.

En une semaine, 114 chrétiens ont été arrêtés en Iran. Cela porte à 142 le nombre total des arrestations de chrétiens au cours du mois dernier. «Ce nombre est stupéfiant», relève Mansour Borji, directeur de la défense des droits de l'homme au sein de l'organisation caritative britannique Article 18. Il considère que l'action des autorités sonne comme un avertissement à tous les chrétiens qui souhaiteraient utiliser la période de Noël pour diffuser leur message.

Selon Article 18, les arrestations ont eu lieu dans une dizaine de villes et visaient différents groupes chrétiens. A l'exception des dirigeants présumés, la plupart des personnes arrêtées ont été libérées au bout de quelques heures ou quelques jours seulement − entre autres, poursuit Mansour Borji, «parce que vu le grand nombre d'interpellations, les forces de l'ordre ne savaient pas quoi faire de tous ces détenus».

Avant de pouvoir s’en aller librement, cependant, tous ont dû lister en détail les activités chrétiennes auxquelles ils ont participé. Ils ont reçu pour instruction de s'abstenir de tout contact avec d'autres chrétiens et groupes chrétiens à l'avenir et de se tenir prêts à recevoir un appel du ministère des renseignements (services secrets iraniens). Tous les chrétiens ont été privés de leur téléphone portable.

La nouvelle de la récente vague d'arrestation de chrétiens coïncide avec le décès, le 3 décembre dernier, de la mère d'Ebrahim Firouzi, chrétien iranien de 32 ans actuellement emprisonné pour motifs religieux.

Ebrahim Firouzi est accusé «d'avoir fait la promotion du sionisme chrétien, de tentative de lancement d'un site web chrétien, de contact avec des étrangers suspects et de services religieux en ligne».

En août 2013, il a été emprisonné pendant un an et condamné à deux ans d'exil dans la ville reculée de Sarbaz, près de la frontière pakistanaise, dans le Sud-Est de l'Iran. Il devait être libéré en janvier 2015, mais a été maintenu en prison et rejugé en mars 2015 sous de nouvelles accusations d'«agissements contre la sécurité nationale, de rassemblement et de conspiration». Il a été condamné à cinq années de prison supplémentaires, au cours desquelles il a été battu.

Ebrahim Firouzi est actuellement détenu à la prison Rajaei Shahr de Karaj. Sa vie est menacée, car il y côtoie des criminels dont certains sont issus du terrorisme et affiliés au groupe Etat Islamique. Il n'a pas pu revoir sa mère Kobra Kamrani, décédée des suites d'un cancer le 3 décembre. Il n'a pu ni lui rendre visite ni assister à ses obsèques.

Tous ces chrétiens sont soumis à des conditions de détention inhumaines et ont besoin de notre prière afin de rester inébranlables dans la foi.