23.11.2018 /
Irak
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Irak et Syrie: «Sans prise en charge des traumatismes, toute une génération sera perdue!»

L’intensité des combats a diminué en Irak et en Syrie. Les caméras sont parties et avec elles, de nombreuses ONGs. Mais Portes Ouvertes continue de prodiguer son aide.

«Quand un membre souffre, tout le corps souffre», dit Sœur Annie, citant la Bible. Lors de la Journée de Portes Ouvertes du 17 novembre à Aarau, elle a donné un aperçu de la souffrance des chrétiens en Syrie. «J'étais en classe avec des enfants de dix à douze ans. Soudain, nous avons entendu une bombe impacter le toit», se souvient la nonne. «J'ai dit aux enfants de s'éloigner de la fenêtre, pour éviter d’être vus par les snipers.» Même dans ces circonstances, les élèves ne se sont pas laissés dissuader d'apprendre: «J'ai vu une élève assise sous le bureau du professeur, continuant d’y rédiger son travail. Cette petite fille est une héroïne!»

A cette époque, de nombreuses bombes frappaient Alep, la ville dans laquelle œuvre Sœur Annie. Un jour, il y en avait tant que «nous pensions que le lendemain, personne ne viendrait prier. Mais l'église était pleine. Cette détermination donne du courage. Nous essayons d'aider les gens de notre pays.»

Nous ne sommes pas là seulement pour dire: «Jésus vous aime», mais aussi : «Jésus prend soin de vos besoins». Des millions de personnes ont quitté la Syrie. De nombreux villages ont été détruits. Sœur Annie ajoute: «C'est un grand défi de reconstruire les maisons et les villes détruites, mais c'est un défi encore plus grand d'accompagner les gens dans leur chemin de restauration intérieure et de guérison après les traumatismes et les pertes qu'ils ont subis».

«Si nous n'aidons pas les enfants et les jeunes à surmonter leurs traumatismes, une génération entière sera perdue», dit William*, qui aide les chrétiens locaux en Irak. «Cela prendra du temps. Un traumatisme ne se guérit pas du jour au lendemain. Nous devrons être là pour eux pendant encore plusieurs années.» Hana*, l'épouse de William, explique: «Notre présence renforce leur sentiment de sécurité. Elle est d’autant plus importante qu’elle leur confirme que le monde ne les a pas oubliés.» Cela leur donne du courage.

Dans la zone où vivent William et Hana, «80% des maisons ont été détruites. Avant que les chrétiens ne puissent rentrer chez eux, les bâtiments doivent être reconstruits.» Vous ne pouvez pas simplement renvoyer les gens des camps de réfugiés chez eux sans aide. Il était crucial de les soutenir dans cette phase de reconstruction. De nombreuses usines ont également été détruites. C'est pourquoi il est nécessaire de créer des emplois. «Nous essayons d’aider les chrétiens à créer de petites entreprises.»

Pour conclure, William nous explique: «Lorsque nous disons et répétons aux chrétiens locaux que nous prions pour eux, ils nous répondent: ‘Nous le savons, nous le ressentons. Nous sommes protégés’.» L’EI a disparu. «Mais continuons à prier. Parce que les grands défis ne font que commencer. Il s'agit maintenant de surmonter les expériences traumatiques et de reconstruire le pays.» Les chrétiens d'Irak ont besoin de nos encouragements, de nos prières et de notre soutien.

* Prénoms d’emprunt

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