12.08.2022 /
Inde
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Inde: Shekhar prend une décision difficile

Le pasteur Shekhar* a été arrêté, interrogé et violemment torturé par la police. Cet événement a profondément traumatisé sa famille et remis en question ses projets d’avenir, notamment celui que son fils devienne pasteur à son tour. 

Le pasteur Shekhar est un responsable d'église du sud de l'Inde. 

Il a découvert Jésus après que quelqu'un lui a donné une bible. Il l'a ramenée chez lui et s'est retrouvé stupéfait par le simple message de Jean 3:16. «Je n'ai cessé de penser à ce verset», se souvient-il. «Cela m'a fait prendre conscience que j’étais pécheur, que j'avais besoin de Jésus dans ma vie pour mon salut. À ce moment-là, j'ai prié pour me repentir et j'ai accepté Jésus comme mon sauveur.»

En devenant pasteur, Shekhar a souvent rencontré des personnes qui lui ont fait des reproches et l’ont accusé d'attirer les gens avec de l'argent pour qu'ils se convertissent. «Ils disent aussi que nous avons abandonné nos dieux pour commencer à suivre des dieux étrangers.» 

En Inde, actuellement au 10e rang de l’Index mondial de persécution, l’hostilité ordinaire à l’égard des chrétiens est fréquente et s’incarne dans le quotidien: des proches leur disent qu’ils ne les fréquenteront plus, et que personne ne voudra se marier avec leurs enfants.

Mais pour le pasteur Shekhar et sa famille, la persécution est devenue beaucoup plus personnelle et violente.

Un jour, Shekhar s'est réuni avec quelques croyants pour une réunion de prière. Ils louaient Dieu et priaient, lisaient et méditaient des passages de l'Écriture. «Des policiers sont arrivés», raconte le pasteur. «Ils ont arrêté la réunion et ont commencé à nous menacer. Puis ils ont saisi nos bibles et nous ont emmenés au poste de police.»

Là, Shekhar et les autres croyants ont été harcelés, battus et torturés. «C'est à ce moment-là que j'ai eu peur», poursuit-il.

Les policiers ont frappé Shekhar sur le dos et les pieds avec des cannes de bambou. Ils l'ont giflé si fort que ses tympans ont éclaté. Ils l'ont interrogé, exigeant de savoir s'il payait des hindous pour qu'ils se convertissent au christianisme. Lorsqu'il a nié leurs accusations, ils l'ont battu davantage. 

L'objectif des agents était d'effrayer le pasteur Shekhar au point de le faire fuir la région. Ils l'ont finalement relâché avec un avertissement: si lui et sa famille ne partaient pas, ils seraient jetés en prison.

Les répercussions du traumatisme

Le lendemain, le pasteur Shekhar s'est rendu à la police pour signaler ce qui lui était arrivé, dans l'espoir que d'autres agents puissent enquêter sur l'agression. Mais au lieu de l'aider, les autorités ont simplement répété l'ultimatum: «Partez.»

Les policiers qui ont torturé Shekhar sont également allés parler à son propriétaire, ainsi qu'à un certain nombre d'extrémistes hindous. Ils ont menacé le propriétaire et lui ont demandé de s'assurer que le pasteur Shekhar et sa famille partent.

Shekhar savait que son arrestation et sa torture avaient profondément marqué sa famille. «Pendant tout ce temps, j'ai pris soin de ma famille et j'ai médité sur ce qui est écrit dans le livre de Timothée, à savoir que je suis le mari de ma femme et le père de mes enfants avant d'être pasteur», dit-il. «Il est de ma responsabilité de prendre soin d'eux et de les garder en sécurité. J'ai décidé de [quitter notre maison] pour pouvoir assurer la sécurité de ma famille et poursuivre le ministère.»

Ainsi, sans autre option, lui et sa famille ont fait leurs bagages et ont fui leur ville. «Ce fut le plus grand chagrin de ma vie de laisser mon église et tous ses membres derrière moi», dit-il. «Ma femme a refusé que je poursuive mon ministère et ne voulait pas que notre fils devienne pasteur lui aussi, car nous avons traversé beaucoup de douleur, de tristesse et de peur.»

Il a dit à sa femme qu'il ne pouvait pas contrôler ce à quoi Dieu appellerait leur fils et l'a rassurée: «J'ai remis toute ma vie entre les mains de Dieu, et c’est pourquoi je continuerai de le servir jusqu'à mon dernier souffle, dans la joie ou la tristesse. Je ne peux pas vivre sans servir Dieu.»

Lorsque les partenaires de Portes Ouvertes ont appris ce qui était arrivé au pasteur Shekhar et aux siens, ils ont pu venir en aide à la famille, grâce à vos dons et vos prières. Ils ont ainsi pu reconstruire leur vie à un nouvel endroit.