10.03.2021 /
Erythrée
/ news

Érythrée: une libération qui cache la vulnérabilité des femmes

La libération de chrétiennes prisonnières depuis plus de 3 ans est une bonne nouvelle pour l'ensemble des chrétiennes érythréennes, qui restent particulièrement vulnérables. 

Le 26 février, les autorités ont libéré 21 chrétiennes détenues dans une prison située dans l'archipel des Dahlak. Cela faisait 3 ans et 3 mois qu'elles étaient incarcérées dans cette zone désertique, où les conditions de vie sont particulièrement difficiles. Les circonstances de cette libération restent à ce jour inexpliquées.

Un encouragement

Ces chrétiennes, toutes âgées de plus de 30 ans avaient été arrêtées dans des villes côtières de la mer rouge entre Asmara et Massawa. 
Cette bonne nouvelle est un encouragement pour toutes les chrétiennes d'Érythrée. Mais elle ne doit pas faire oublier la triste condition des femmes chrétiennes qui souffrent au quotidien à cause de leur foi. 

Comme beaucoup de croyants qui n'appartiennent pas à l'Église Orthodoxe, elles sont persécutées par le gouvernement. Mais en tant que femmes, elles subissent, en plus, de fortes pressions de leur entourage pour abandonner le christianisme. 

Les chrétiennes particulièrement vulnérables

Enlèvements, séquestrations dans leur propre foyer, mariages ou divorces forcés, perte de la garde de leurs enfants ou toutes sortes de violences sont souvent leur lot.

  • Le mariage forcé est utilisé comme une arme contre les chrétiens: si une chrétienne épouse un musulman, elle est obligée d'adopter sa religion.
  • Lors du service militaire, auquel elles sont astreintes comme les hommes, les chrétiennes érythréennes peuvent être harcelées, violées, violentées en tant que femmes et à cause de leur foi: elles sont constamment surveillées et leur appartenance religieuse risque d'être découverte à tout moment.
  • Si une adolescente se convertit, la jeune fille est souvent chassée de sa maison. Ou bien elle est autorisée à rester mais sa famille l'ignore totalement, ce qui constitue une souffrance psychologique.  
  • Si le mari d'une chrétienne est emprisonné ou tué pour sa foi, c'est à sa femme que revient le devoir de pourvoir aux besoins de la famille.
  • Enfin, l'Érythrée ayant souvent recours à la détention arbitraire, les chrétiens sont des centaines à vivre derrière les barreaux, simplement à cause de leur foi. Parmi eux, beaucoup de femmes, particulièrement vulnérables dans cet impitoyable univers carcéral.