17.06.2021 /
Iran
/ news

Elections présidentielles en Iran: les chrétiens ne veulent pas voter

Les élections présidentielles irannienne auront lieu ce 18 juin, mais les chrétiens et une grande partie de la population musulmane ne veulent pas se rendre aux urnes. C'est la conclusion d'Asal (prénom d’emprunt) une chrétienne iranienne vivant en exil en Suisse: «Jusqu'à 70% des Iraniens ne voteront probablement pas.»

Les chrétiens iraniens ne veulent pas participer aux élections présidentielles, déclare Asal (prénom d’emprunt), chrétienne iranienne, dans une interview accordée à Portes Ouvertes. «En raison de leur situation, ils préfèrent ne pas voter. Cela est dû à leur situation économique et politique.»

Asal soutient qu’il est difficile d’anticiper ce qui va se passer. «Récemment, notre parlement a été élu, mais seule une faible proportion des électeurs sont allés voter». En fin de compte, dit-elle, le gouvernement fait ce qu'il veut. «Les autorités peuvent augmenter ou diminuer le nombre de votes exprimés en fonction du 'besoin'. Car soixante à 70% de la population ne souhaite pas voter, à moins d'y être contrainte.»

«Un vote factice»

Les chrétiens sont une petite minorité en Iran. «Qu'ils votent ou non ne fait aucune différence  sur le résultat. Ils subissent parfois l’injonction de l’obligation d’aller voter. Mais la plupart du temps, ils ne votent pas.»

En fin de compte, relève Asal, il ne s'agit pas de choisir un candidat ou l’autre. «Voter se résume à signer un papier. Car en coulisses, le Conseil de surveillance a déjà décidé qui sera le nouveau président. Ali Khamenei, guide suprême de la révolution islamique, sait qui il veut nommer.» À aucun moment les citoyens ne votent vraiment, assure-t-elle.

En attendant la liberté

Il n'y a pas de révolution civile en vue en l'Iran, assure Asal, «les gens subissent trop de pressions. Cela n’aura pas lieu, à moins que tous les fronts ne s’allient. Mais si des gens descendent dans la rue dans telle ou telle partie du pays, ils finissent en prison ou tués. C'est pour ça que ça n'arrive pas.»

Une vague de protestations plus importante serait également compliquée par le fait «que la population est composée de 40% de musulmans plutôt radicaux et de 60% de modérés. Mais le pouvoir est actuellement aux mains de ces 40%, qui étouffent le débat. Nous devons peut-être attendre qu’ils changent d'avis, avant que le peuple iranien puisse prétendre à davantage de libertés.»

Au 8e rang de l'index mondial de persécution

L'Iran se classe au 8e rang de l'index mondial de persécution. Alors que des communautés chrétiennes existent dans ce pays depuis le premier siècle de notre ère, elles se sont vues marginalisées avec la montée de l'Islam, mais ont survécu jusqu'à aujourd'hui.

Ces dernières années, le nombre de musulmans qui se sont convertis au christianisme a fortement augmenté. Ils sont en première ligne des pressions de leur gouvernement.