01.07.2022 /
Egypte
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Égypte: Des chrétiens assassinés en toute impunité

La communauté chrétienne copte d'Égypte a été endeuillée par plusieurs assassinats ces derniers mois. Deux meurtres sont restés jusqu'ici impunis. 

Kirollos (Cyril) Nagah Megali le 8 juin. Rani Rafaat le 27 avril. Ces deux hommes étaient membres de l’Église copte d’Égypte et ont été assassinés parce qu’ils étaient chrétiens. Pour l’instant, leurs meurtriers présumés n’ont pas été condamnés.

Un récidiviste impuni

Le 8 juin, Kirollos Nagah Megali est mort à l'hôpital. Trois jours plus tôt, ce chrétien originaire de Mahdi (Haute-Égypte), avait été grièvement blessé à coups de machette. L’agresseur, Abdullah Hosni, a été arrêté et placé en détention. Il a reconnu les faits, mais prétend souffrir d’une maladie mentale. Un prétexte couramment utilisé par les meurtriers de chrétiens et leurs avocats devant les tribunaux. Selon le frère de la victime, la famille de l’assassin aurait acheté un certificat médical pour étayer sa défense. Pourtant, Abdullah Hosni semble suffisamment sain d’esprit pour aller travailler en Libye. Et ce n’est pas la première fois qu’il s’en prend à un chrétien. Il y a deux ans, il avait été condamné à un an de prison après avoir agressé un copte égyptien. Mais suite à une «séance de réconciliation», il avait été libéré.

Kirollos, 34 ans, était connu comme un homme affable et un chrétien engagé. Il laisse derrière lui une femme et deux filles de 3 et 5 ans.

En Égypte, les libérations fréquentes, voire l’absence de poursuites à l'encontre des agresseurs de chrétiens, génèrent une culture d'impunité. 

Une culture d’impunité

L'exemple de Kirollos, mais aussi celui d'un autre chrétien en sont l'illustration. Le 27 avril dernier, Rani Rafaat, 28 ans, a été assassiné dans son magasin en Égypte par un extrémiste islamique qui lui reprochait de discuter avec des femmes musulmanes sur réseaux sociaux.

Rani était chrétien, professeur d'agriculture et propriétaire d'un magasin agricole d'El Dabaa, une ville au nord de l'Égypte. Le jour de sa mort, il s'était rendu au monastère voisin de Mar Mina avec ses deux parents. Sur le chemin du retour, ils se sont séparés, et Rani devait les rejoindre chez eux plus tard. Mais il n'est jamais arrivé. Ses parents ont reçu un appel pour les informer que leur fils avait été assassiné à son retour chez lui.

Quelques jours après le drame, l’assassin présumé de Rani Rafaat a posté une vidéo sur le réseau social TikTok. Il y avoue son crime avec fierté, déclarant n’avoir «aucun problème à se rendre» à la police: «J'ai tué le jeune homme chrétien de Dabaa et je le jure devant Dieu. Et je suis heureux de l'avoir fait. Je l'ai tué parce que j'ai entendu dire qu'il était ami avec des femmes musulmanes.»

Pourtant, à ce jour, l’auteur de ces aveux n’a pas été arrêté.

Face à l'impunité ambiante, tenons-nous dans la prière aux côtés des proches des victimes. Que leur cœur ne cède pas à l'amertume et qu'ils continuent à s'attacher à Jésus malgré les injustices.