04.03.2022 / news

Chrétiennes persécutées: Une persécution invisible?

Dans les sociétés où les femmes sont écartées de la vie publique, la persécution que les chrétiennes subissent passe souvent inaperçue. Car elle a lieu dans le secret de la sphère domestique. 

Violences sexuelles, mariages forcés et autres violences physiques sont les points de pression les plus graves que de nombreuses chrétiennes subissent, souvent à l’insu de tous. Cette année encore, le rapport sur la persécution selon le genre 2022 qui vient de paraître lève le voile sur cette réalité souvent invisible mais dévastatrice.

L’exemple de Sarah (Afrique du Nord)

Sarah* n'est pas devenue musulmane par conviction; son père était imam et tenait la maison d'une main de fer. Le fait d'oser quitter l'islam a eu des conséquences dramatiques. Le jour où son père a découvert la bible cachée sous son lit, il a battue Sarah et lui a crié: «Tu mérites la mort!» Sa famille l’a mise à la rue puis a répandu une fausse rumeur humiliante: Sarah aurait quitté le foyer familial pour vivre hors mariage avec un homme. Dans son contexte, ces pratiques sont considérées comme un moyen normal et approprié de contrôler une fille rebelle. D'après nos experts, l’exemple de Sarah est typique.

Enfermée dans un mariage 

La famille de Sarah l’a convaincue qu’un mariage serait un moyen de se réconcilier et de mettre fin aux ragots. «L'homme qui t’épousera te purifiera de tous tes péchés et nous pourrons nous réunir.» Mais ce mariage n'a pas apporté la paix à Sarah. Au contraire, elle est maintenue enfermée dans sa maison et subit des violences sexuelles jusqu'à ce que son mari la mette à la porte à son tour. Sarah se retrouve une nouvelle fois à la rue, dans une société où il n'est pas acceptable pour une femme de vivre seule, même si elle a les moyens de le faire. 

La honte joue un rôle crucial

Portes Ouvertes enquête chaque année sur la dynamique de la persécution selon le genre, afin de mieux comprendre des situations comme celle de Sarah. Les femmes ont tendance à souffrir pour leur foi dans l'ombre de la sphère domestique ou de leur cercle social restreint, la honte jouant souvent un rôle crucial. 

La question ultime

Cette persécution vise à détruire les relations sociales d’un individu et le contraint à se poser la question ultime: «Mon choix de foi vaut-il vraiment la peine de souffrir?» La réponse de Sarah, aujourd'hui âgée de 27 ans, 
reste claire: «J'ai choisi un chemin difficile, celui de suivre Jésus. Je savais que ce serait difficile, mais je n'ai pas perdu espoir. Je suis tombée plusieurs fois, mais je me suis relevée. Je n'ai plus la peur que j'avais quand j'étais plus jeune. Dieu est là et il travaille en moi.»

* Prénom fictif