03.07.2020 /
Bangladesh
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Bangladesh: Une mère et sa fille tuées par un engin explosif

Alors que plusieurs catastrophes se sont déjà abattues sur le Bangladesh cette année, un chrétien doit faire face à la perte de sa femme et de son enfant.

Dans la nuit du 30 au 31 mai dernier, un engin explosif artisanal a été lancé par une fenêtre ouverte dans le logement où dormaient la mère Shilpi, 30 ans, et sa fille Supria, 5 ans. La bombe a explosé et le feu s'est rapidement propagé dans toute la pièce. Shilpi a réussi à s’extraire des lieux par ses propres moyens, la petite Supria a été retirée des flammes par des voisins. Le mari, Ridoy Halder, était alors au travail dans une usine de vêtements locale.

Les deux victimes ont été emmenées à l'hôpital avec des brûlures graves: leur peau était touchée à 75% pour Shilpi et à  46% pour Supria. La maman a succombé à ses blessures le 4 juin, sa fille le 16 juin. «Ridoy est totalement désespéré, frustré et déprimé. Il est accablé et refuse de parler à qui que ce soit», explique Stephen Liton Halder, l'un de nos partenaires locaux et oncle de Ridoy.

Stephen estime que le drame est en rapport direct avec la foi, même si la famille chrétienne n'a jamais reçu de menaces auparavant. «Ils sont les seuls chrétiens des environs. Ils avaient choisi ce lieu d’habitation parce qu’il est près de la place de travail de Ridoy. Leurs voisins savent qu'ils sont chrétiens. Dans cette région, il y a beaucoup d’extrémistes religieux et de madrassas (écoles coraniques)», explique-t-il. La police a trouvé les restes d'un engin explosif sur les lieux du crime. En l’absence de témoins oculaires, personne n'a été arrêté jusqu’ici. Ridoy est retourné dans son village natal. «Je ne sais pas quand il pourra reprendre son travail. Il a peur que la police l’ennuie et le rappelle au poste de police pour de nouveaux interrogatoires. Priez pour lui», demande Stephen.

Le Bangladesh a été frappé par plusieurs catastrophes cette année: le pays a subi non seulement la pandémie, mais aussi l'ouragan dévastateur «Amphan» en mai, des inondations désastreuses et des glissements de terrain massifs. Nombre de chrétiens que Portes Ouvertes soutient vivent dans les zones particulièrement touchées. Lors de la distribution d’aide du gouvernement, les chrétiens ont souvent été laissés pour compte en raison de leur foi.