Communiqué de presse Algérie | 06 mai 2024

Algérie: le pasteur Youssef Ourahmane condamné à un an de prison ferme

 

 
Show: true / Country: Algérie / Algérie
Le pasteur algérien Youssef Ourahmane a été condamné jeudi 2 mai 2024 par la Cour d’appel de Tizi Ouzou pour avoir «célébré un culte non autorisé», dans un «édifice non permis à cet effet». La peine est lourde: 1 an de prison ferme, 6 mois avec sursis et 100’000 dinars algériens d'amende (environ 700CHF). 
Youssef Ourhmane, pasteur et vice-président de l’EPA (Eglise protestante d’Algérie), a été condamné à la prison ferme pour avoir supervisé, en mars 2023 , une retraite spirituelle avec quelques familles chrétiennes dans un complexe paroissial qui abritait une chapelle fermée de force par les autorités.
 
Cette condamnation confirme la politique de répression des activités chrétiennes dans ce pays d’Afrique du Nord et qui s’est accentuée depuis 2019, se concrétisant par une vague de fermeture d’églises et de condamnation à la prison pour ses responsables. Portes Ouvertes, ONG de soutien aux chrétiens persécutés, classe l’Algérie au 15e rang de l’Index mondial de persécution, confirmant la difficulté pour les quelques 150'000 chrétiens qui y vivent de pouvoir pratiquer leur foi librement. 

Actuellement, en Algérie, seules 4 des 46 églises de l'Église protestante d'Algérie (EPA) sont encore ouvertes. Dans ce contexte, chaque réunion pour le culte, chaque assemblée chrétienne à proximité d'une église fermée, devient alors interdite. La condamnation en appel du pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l'Église protestante d'Algérie, pour des faits liés à la pratique religieuse à proximité d’un lieu d’église fermé par les autorités, illustre parfaitement le climat de sanction qui règne sur le pays.

Des lois contradictoires

Aujourd'hui, les chrétiens algériens sont dans un flou juridique entretenu à dessein par les autorités. D'une part, l'article 51 de la nouvelle constitution algérienne de 2020 dispose que «la liberté d'opinion est inviolable» et que «la liberté d'exercice des cultes est garantie, elle s'exerce dans le respect de la loi». Cependant, ces libertés ne vont pas jusqu'à inclure la liberté de conscience, constitutionnalisée dès 1989 mais retirée en 2020. Ce recul des libertés sape le droit de croire ou de ne pas croire et de changer sa religion pour les musulmans.

D'autre part, l'Algérie reconnaît par l'ordonnance du 28 février 2006 le culte chrétien, mais sans le nommer. En effet, l'ordonnance encadre l'exercice des «cultes autres que musulmans» (article 1) et elle «garantit le libre exercice de culte» dans le cadre du respect «de l'ordre public» et «des bonnes mœurs», tout en rappelant la primauté de l'islam, religion de l'État (article 2). En réalité, cette ordonnance vise essentiellement à restreindre les conversions vers le christianisme, de plus en plus nombreuses depuis le début des années 2000.

Sources: Figaro Vox, ECJI 

 

Restez connectés
Abonnez-vous à notre Newsmail, pour lire des témoignages de chrétiens persécutés et découvrir comment il est possible de les soutenir.
Notre site utilise des cookies

Sauvegarder

Nous utilisons des cookies essentiels et d'autres technologies sur notre site Web, tandis que d'autres nous aident à améliorer ce site et l’expérience de l’utilisateur. Ils sont notamment utilisés pour vous offrir une possibilité de don sécurisé et pour une évaluation anonyme des accès à notre site. En outre, ils nous permettent de partager nos vidéos YouTube sur le site. Selon la fonction, des données sont alors transmises à des tiers et traitées par ces derniers. Vous trouverez plus de détails sur l'utilisation de vos données dans notre Déclaration de protection des données. Vous pouvez à tout moment révoquer ou modifier votre choix.

Accepter tous les cookies
 
Accepter la sélection