24.11.2017 /
Algérie
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Algérie: Eglise sous scellés

La fermeture d’une église près d’Oran renforce le sentiment d’injustice des chrétiens qui gardent espoir et espèrent au contraire plus de liberté.

Sur décision du wali d’Oran, la police a mis sous scellés le 9 novembre la salle de culte de l’église d’Aïn Turk (15 km au nord-ouest d’Oran), a-t-on appris du président de l’Eglise Protestante d’Algérie (EPA). D’après les autorités, cette église n’est pas agréée et ses responsables «y impriment illégalement des évangiles et des publications servant à l’évangélisation».

Le président de l’EPA réagit et réfute les raisons avancées par les autorités: «Premièrement, cette communauté est bien affiliée à l’Association de l’Eglise Protestante d’Algérie, qui dispose d’un agrément délivré par l’Etat algérien depuis 1974. Ensuite, il n’y a aucune activité d’impression d’évangiles ou de publications chrétiennes à l’intérieur de ce lieu».

Pour sa part, Youssef, l’un des responsables de l’église d’AïnTurk, a exprimé sa consternation quant aux «pratiques injustes» des autorités algériennes à l’encontre des chrétiens: «Je  suis attristé par cette injustice et la persécution que nous vivons en Algérie.»

La communauté chrétienne s’attendait à des changements positifs et favorables pour l’Eglise en Algérie. A ce jour, le discours des responsables de l’Etat sur le respect des libertés de culte n’est pas suivi d’actes concrets, mais la jeune Eglise d’Algérie garde espoir. Depuis l’arrivée de l’islam aux 7ème et 8ème siècles, l’Eglise n’a jamais connu une telle croissance dans ce pays. Des églises peuvent être fermées, mais cela n’entame pas la foi des chrétiens algériens qui tiennent fermes. Un formateur de jeunes pasteurs en Afrique du Nord le confirme: «J’admire l’amour qu’ils ont pour leur pays qui, pourtant, est dur envers eux, et leur manière de prier passionnément pour cette société qui compte des millions de musulmans.»