01.06.2018 /
Algérie
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Algérie: deux nouvelles fermetures d’églises

C’est l’incompréhension totale pour la minorité chrétienne protestante d’Algérie. Deux nouvelles églises ont été fermées la semaine dernière, dans le Nord du pays.

Romanel-s/Lsne, le 1er juin 2018. Les chrétiens algériens sont encore mis sous pression par le gouvernement. Dans la région de Kabylie, là où le christianisme est le plus présent, la police a scellé deux églises de plus le week-end dernier. Cela porte à 6 le nombre d’églises fermées en Algérie depuis novembre 2017.

Une église à Ait-Mellikeche

Une première église a été fermée à Ait-Mellikeche dans la wilaya de Béjaia, et non la moindre. Ouverte en 2005 puis affiliée en 2007 à l’EPA (Églises Protestantes d’Algérie), elle recevait pour son office hebdomadaire plus de 200 fidèles. Quelle n’a pas été la surprise des responsables, vendredi dernier, quand ils ont vu les officiers de police se présenter à l’église. «Ils ont simplement fermé l'entrée principale sans aucun préavis, alors qu'ils l'avaient fait avec d'autres églises affiliées à l'EPA», a affirmé un responsable. Le 28 mai, plusieurs dirigeants de l'église se sont rendus à la police à Béjaia pour tenter de comprendre les motivations ayant entraîné la fermeture de l'église et essayer d'en obtenir la réouverture. Sans succès.

Une église à Maâtkas

Autre église, autre procédé. Cette fois-ci à Maâtkas, à 20 km de Tizi-Ouzou, l’un des responsables a reçu une notification de fermeture, par téléphone. Au bout du fil, un officier de police lui dit: «Je vous appelle pour vous informer que nous avons reçu l’ordre de fermer votre église.» La police se présente un samedi matin, et met l’entrée principale du bâtiment sous scellés. Les responsables se voient notifiés de ne pas ouvrir jusqu’à nouvel ordre. Là encore, pas d’explication sur les raisons de cette fermeture. Dans les deux cas, ce sont les préfets de Béjaia et de Tizi-Ouzou qui ont donné les ordres de fermeture. 

L’étau se resserre autour des chrétiens

Depuis plusieurs mois, les chrétiens algériens sont confrontés à une vague de fermeture d'églises. Pour rappel, entre novembre 2017 et avril 2018, 4 églises situées à Ain-Turk, Layaida et Oran ont été scellées, alors que d’autres recevaient des notifications de fermeture immédiate. Le gouvernement légitime ces mesures par la loi algérienne de 2006 qui régit le culte non-musulman, interdisant l'impression, le stockage et la distribution de documents destinés à «ébranler la foi» d'un musulman.

Ces signes font craindre une action coordonnée du gouvernement contre la petite minorité chrétienne algérienne. «Certains algériens, à cause de leur foi chrétienne, continuent d'être victimes d'intimidations et de poursuites pour le simple fait d'être en possession d'une Bible», souligne l'EPA.

Visite de l'EPA dans plusieurs pays

Le mois dernier, 3 pasteurs algériens représentants de l’EPA se sont déplacés en France, à Bruxelles, au Royaume-Uni et aux États-Unis pour expliquer leur situation et chercher du soutien. Ils souhaitent notamment la réouverture des lieux de culte, la reconnaissance officielle de l'EPA, la fin des lois de 2006 contre le prosélytisme et la liberté d'importer du matériel chrétien (bibles, manuels de formation...).

Des citoyens à part entière

L’Église Protestante d’Algérie (EPA) a publié, le 18 mai dernier, une déclaration destinée au gouvernement algérien. Confrontée à une recrudescence de problèmes administratifs, elle demande un traitement plus juste à l’égard des différentes assemblées qu'elle représente. «En tant que citoyens à part entière, nous appelons les plus hautes autorités du pays à veiller à ce que tous les droits fondamentaux des citoyens soient protégés, quelle que soit leur appartenance religieuse».