08.01.2022 /
Algérie
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Algérie: le cauchemar judiciaire de Foudhil Bahloul

En Algérie, Foudhil Bahloul, chrétien d'origine musulmane se bat sur 2 fronts pour que justice lui soit rendue.

Une campagne antichrétienne est orchestrée par le gouvernement algérien ces dernières années. Aux fermetures d'églises abusives, s'ajoutent les tracasseries administratives et judiciaires. Foudhil fait partie des chrétiens algériens qui en sont victimes. Le 1er décembre, une cour d'appel a confirmé sa condamnation à 6 mois de prison avec sursis et à une amende de 660 euros. Foudhil conteste de nouveau cette décision par un second appel.

«Activités évangéliques suspectes»

Le 17 avril 2021 il avait été arrêté  et sa maison fouillée.

Le 30 juin, lors d'une audition au commissariat, il avait été accusé de distribuer des bibles et d'imprimer des brochures chrétiennes à destination des musulmans.

En Juillet, la condamnation était tombée. 6 mois de prison avec sursis et 660 euros d'amende pour «avoir collecté des dons et reçu des cadeaux sans l'autorisation des autorités concernées». Une accusation basée sur l'ordonnance 06-03 qui régit le culte des non musulmans. D'autres délits ont été reprochés à Foudhil: «activités évangéliques suspectes», «corrompre les esprits des jeunes» et «attirer par la ruse les gens à se convertir au christianisme».

Une deuxième condamnation

Foudhil fait appel d'une autre condamnation émise par un autre tribunal. 1 an de prison pour manquement au versement de pension alimentaire. Un chef d'accusation qui, contrairement aux apparences, est bien un fait de persécution. 

En 2017, suite à la conversion de Foudhil au christianisme, sa femme avait demandé le divorce et obtenu la garde exclusive de leurs 2 filles. Le père de Foudhil avait détruit le commerce de son fils et l'avait rejeté de la famille. Sans emploi, il est tout de même obligé de verser la pension alimentaire. 

Mais au moment de procéder au dernier versement, il s'est trouvé bloqué à l'étranger: la fermeture des frontières due à la pandémie ne lui permettait de rentrer chez lui. En arrivant en Algérie il a immédiatement régularisé la situation. Malheureusement, sa femme a porté plainte et le juge n'a pas voulu entendre les explications de Foudhil.

Source: Middle East Concern