01.11.2021 /
Somalie
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AFRIQUE DE L'EST: Une vie libre grâce à la rencontre avec Jésus

Nala est l’un des neuf enfants de la famille, et son frère aîné est le gardien des valeurs religieuses d’eux tous. Il ne tolère aucune désobéissance manifeste au Coran ni aux hadiths (paroles du prophète). Il est tout aussi strict au sujet du rôle des femmes et des hommes. Alors que les hommes ont de multiples privilèges, il pense que les femmes doivent faire des sacrifices et accepter humblement les souffrances qu’on leur inflige.

« Mon frère me frappait sans raison, par méchanceté. Peu à peu, il a fait de moi une personne sans religion. »
De l’avis de Nala, l’islam n’a pas du tout amélioré sa vie. Son pays a été détruit par des guerres menées au nom du prophète. Autour d’elle, elle ne voyait que souffrance.

« Pourquoi ne pas vivre librement ? »

« J’étais très malheureuse. Le Coran dit que peu importent vos actions bonnes ou mauvaises, votre destin est fixé d’avance. J’ai pensé : Pourquoi ne pas vivre librement et faire ce que je veux, et plus tard juste faire un pèlerinage à la Mecque pour gagner le paradis ? »

Nala n’avait pas de plus cher désir qu’une éducation. Mais aucune femme de sa famille n’avait le droit d’étudier autre chose que le Coran. Nala a tout de même trouvé un moyen. Elle a économisé tout son argent de poche pour s’inscrire à un cours d’alphabétisation, qu’elle a suivi en secret. Quand son frère l’a découvert, il l’a sévèrement punie.

Mais Nala a persévéré et a même commencé à chercher du travail. Elle travaillait dur et économisait tout son argent pour l’école. C’est alors que sa vie allait changer à jamais.

« J’aimais rester dans ma chambre à surfer sur les réseaux sociaux. Un jour, j’ai entendu un témoignage de convertis somaliens vivant à l’étranger. Je me suis dit : ‹ Ces gens sont très loin d’Allah ! › J’étais surtout étonnée de voir qu’ils ne jeûnaient et ne priaient pas comme nous. »

Intriguée, elle a voulu en savoir plus. « J’ai cherché d’autres vidéos et j’ai trouvé d’autres personnes qui prêchaient la parole de Dieu. Je les ai contactées par Facebook et leur ai demandé de me parler du Christ. Une fille, Hani*, m’a répondu. »

Une aventure dangereuse

Hani a encouragé Nala à télécharger la Bible et à la lire.

« J’ai commencé par la Genèse et j’ai continué. Beaucoup de mes questions ont trouvé une réponse et, pour la première fois, j’ai ressenti la paix dans mon cœur. »

Nala a fait la connaissance d’autres chrétiens secrets et a fini par se faire baptiser. Elle a séjourné un temps chez ses nouveaux amis, travaillant et lisant la Bible. Elle ne se doutait pas que sa famille devenait de plus en plus suspicieuse et se demandait même si elle se prostituait.

« Un jour, mon père a téléphoné. Il m’a dit que ma mère était mourante. »

La mère de Nala ayant des problèmes de santé depuis longtemps, la nouvelle était tout à fait plausible. Nala s’est précipitée chez elle – où elle a découvert que c’était un piège.
« À mon arrivée, les hommes de ma famille m’attendaient. Ils m’ont battue, m’ont pris mon téléphone et m’ont enfermée dans une pièce. Ils m’ont dit: ‹ Nous avons appris que tu as été pervertie. › Pas une fois ils n’ont prononcé le mot ‹ chrétienne. »

Tentatives de « guérison »

Ce fut le début d’efforts intenses pour tenter de ramener Nala à l’islam.

« Ils m’ont conduite dans un centre où l’on essaie de soigner les apostats et les psychopathes. Là, on m’a battue et enfermée. Parfois, on tenait une ampoule électrique sur ma tête en répétant des paroles du Coran. Des imams m’ont crié des passages du Coran dans les oreilles quatre nuits d’affilée. On a même essayé des potions. »

Après six jours, c’est devenu un peu plus facile. Nala ne devait se rendre à l’instruction religieuse que le jour et passait les nuits à la maison. Mais elle était toujours surveillée de très près.

« Quand ma sœur a vu comme c’était dur pour moi, elle m’a conseillé de faire semblant d’être musulmane mais de prier Jésus dans mon cœur. C’est ce que j’ai fait. Je me suis levée tôt pour prier. Ça a marché. Ma famille a cru que ‹ j’allais mieux › et a relâché sa pression.

Mais j’étais toujours malheureuse. Ma sœur a de nouveau eu pitié de moi. Elle m’a donné mon téléphone pour que je puisse contacter mes amis et leur dire ce qui s’était passé. Ils m’ont trouvé un endroit sûr où je pourrais me réfugier. »

Mais avant que Nala n’ait pu s’échapper, sa famille l’a promise à un cheikh qui avait déjà deux épouses.

« Ils m’ont dit que je n’avais pas le choix et que c’était bon pour moi : cet homme me guiderait bien. Mais la veille du mariage, quand ma sœur m’a déposée à la mosquée pour mon cours de religion habituel, j’ai pris la fuite. »

Une nouvelle vie

Nala s’est cachée d’abord chez des amis chrétiens. Au bout d’une semaine, elle a fui le pays avec leur aide, parvenant finalement dans un pays voisin avec rien d’autre que les vêtements qu’elle portait. « Je pleurais tout le temps. J’étais épuisée et j’avais des maux de tête constants à cause du stress. »

Tout cela a mis sa foi à l’épreuve. « J’ai demandé à Dieu : ‹ Tu m’as oubliée ? › Mais il m’a rappelé que c’était lui qui m’avait aidée à m’échapper. »

« Jésus m’avait changée. J’ai compris que ce n’était pas moi qui l’ai choisi, mais lui qui m’a choisie. Je ne l’ai pas cherché, il m’a trouvée. Avant, je n’étais pas heureuse, mais désormais je connais la joie. On m’avait traitée de faible, et c’était vrai. Je ne savais absolument rien avant de connaître Jésus. »

Nala a perdu tout ce qu’elle connaissait : sa maison, sa famille, sa communauté, sa patrie. Mais chaque perte l’a rapprochée de Dieu. Elle n’en est qu’au début de son voyage. Elle a besoin de formation et de soutien dans différents domaines de sa vie par des personnes sur qui elle puisse ­compter – des personnes comme vous.

Magazin November 2021 – Auszug


Somalie

Sur une population de plus de 16 millions d’habitants, on estime à quelques centaines seulement le nombre des chrétiens en Somalie. Mais comme ils doivent rester clandestins, il est difficile de donner un chiffre.

Professer publiquement sa foi chrétienne est impossible en Somalie. L’islam est vu comme une partie essentielle de l’identité somalienne, et si un Somalien est soupçonné de s’être converti au christianisme, il est en grand danger. Les membres de sa famille, de son clan ou de sa communauté le harcèlent, l’intimident ou même le tuent.

Les femmes qui se convertissent sont particulièrement exposées à une persécution spécifique à leur genre. En général, les filles n’ont pas le droit d’aller à l’école et souvent on les marie à des hommes plus âgés et influents. S’il s’avère qu’une fille en âge de se marier est chrétienne, elle risque des violences sexuelles.

Les chrétiens sont également menacés par les Shebab, un groupe violent qui prône la ­charia (loi islamique) pour régir tous les aspects de la vie. Les Shebab considèrent les convertis comme des « cibles de haute valeur » qu’ils peuvent exécuter immédiatement.