06.09.2018 /
Corée du Nord
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70 ans après sa fondation, la Corée du Nord reste toujours aussi liberticide

 

 

Le 9 septembre 1948, la Corée du Nord proclamait son indépendance. L'État dictatorial est en tête de l'index mondial de persécution de Portes Ouvertes depuis 16 ans. Actuellement, environ 200’000 prisonniers politiques et religieux sont détenus dans plusieurs camps de prisonniers, reconnaissables sur Google Earth.

 

Romanel-s/Lsne, le 6 septembre 2018 - Avec son culte de la personnalité autour de la dynastie Kim, la Corée du Nord se classe en tête de l'index mondial de persécution de l'organisation Portes Ouvertes depuis 2002. On estime que sur les quelques 200'000 prisonniers politiques et religieux que compte le pays, environ 70'000 sont emprisonnés uniquement en raison de leur foi chrétienne. Les 300’000 chrétiens locaux sont contraints de vivre leur foi de manière totalement cachée.

Hea Woo, chrétienne nord-coréenne, a révélé les horreurs qu'elle a vécues dans dix prisons différentes avant de s'évader avec succès.

 

« L'enfer sur terre »

Hea Woo assimile les pratiques des camps de Corée du Nord à « l'enfer sur terre »: « on empilait les corps des gens qui y mourraient devant un crématoire trop petit pour les contenir dans leur entier. Avec d’autres prisonniers, je devais les couper en morceaux pour qu’ils puissent être brûlés ».

Dans une autre prison, elle partageait sa cellule avec 50 détenus. Seul un trou dans le sol servait de toilette. « Les gens souffraient de maux de tête à cause de l'odeur et nous tombions souvent malades. Il y avait beaucoup de rats. »

Le mari d’Hea Woo est mort derrière les barreaux. Elle, a réussi à s'enfuir en Chine après sa libération et vit aujourd'hui en Corée du Sud.

 

« Pas d’intérêts politiques pour une paix effective »

Du point de vue des réfugiés nord-coréens, les récentes négociations internationales de Kim Jong-un sont considérées comme une tentative d'apaisement des tensions politiques et non comme des efforts de paix ou même de liberté pour le peuple. « Une paix effective devrait s'accompagner de la liberté de foi et d'expression pour le peuple nord-coréen », dit John Choi, un Nord-Coréen qui a fui en Angleterre, et de poursuivre : « Le processus de paix devrait inclure en priorité l'amélioration de la qualité de vie des 80 millions de Coréens ». Mais ce type de paix-là « n'intéresse pas Kim Jong-un, notre dirigeant », qui ne compte pas partager le contrôle total qu'il exerce sur les habitants du pays. « Il a besoin d'investissements étrangers, donc d'une politique d'apaisement. »

 

Difficile de plaider l'ignorance

Choi poursuit : « Au 20ème siècle, nous avons découvert avec horreur les camps d'Hitler et les goulags de Mao. Au XXIe siècle, nous savons que plus de 200’000 prisonniers sont détenus dans les camps nord-coréens. Et tant que les chrétiens ne peuvent pas avoir une Bible en main librement, il n'y a pas de liberté. »

La Corée du Nord interdit toute forme de religion en dehors de l'idéologie de l'État.

Depuis trois générations, le pays se concentre sur le culte de la puissante famille Kim.

En raison de l'endoctrinement permanent qui imprègne l'ensemble du pays, une culture de suspicion infiltre les relations familiales et de voisinage, où tout suspect est signalé aux autorités. Les enfants en particulier peuvent être si fortement influencés par cet endoctrinement qu'ils signalent leurs propres parents en croyant qu'ils font quelque chose de bien. C'est pour cette raison que de nombreux parents décident de ne pas parler de leur foi chrétienne à leurs enfants.

Les quelques églises qui sont montrées aux visiteurs dans la capitale Pyongyang ne servent qu'à des fins de propagande.

 

Endoctriné idéologiquement

Chaque citoyen, quel que soit son âge, est sommé de prendre part à des réunions hebdomadaires de formation à l’idéologie dominante, qui participent à l’endoctrinement de la population. La participation à des réunions où l'autocritique doit être exercée est également obligatoire. Aucun Nord-Coréen n'est autorisé à développer des idées dissidentes, religieuses ou autres.

Le système strict de contrôle social conduit à un degré élevé d'autocensure et d'autocontrôle sur ce que l'on dit et à qui, jusque dans es relations les plus privées et familiales.

Un proverbe nord-coréen résume cette méfiance dans la société : « Là où deux ou trois se rassemblent se cache déjà un espion ».

 

Au sujet des camps de Corée du Nord sur Google Earth:

Camp 14 à Kaechon

Camp 15 à Yodeok

Camp 18 à Pukchang

Camp 22 à Haengyong (fermé dans l’intervalle)

Camp 25 à Chongjin