L'Index mondial de persécution est une liste de 50 pays classés selon l'ampleur des persécutions exercées contre les chrétiens. Chaque pays a sa propre page avec son profil ainsi que des articles et informations concernant les persécutions dans ce pays.

Télécharger l'index mondial de persécution actuel en format PDF ici : Index mondial de persécution 2019
 

  

  Pays  

TOTAL    

  01  

  Corée du Nord  

  94  

  02  

  Afghanistan  

  94  

  03  

  Somalie  

  91  

  04  

  Libye  

  87  

  05  

  Pakistan  

  87  

  06  

  Soudan  

  87  

  07  

  Erythrée  

  86  

  08  

  Yémen  

  86  

  09  

  Iran  

  85  

  10  

  Inde  

  83  

  11  

  Syrie  

  82  

  12  

  Nigeria  

  80  

  13  

  Irak  

  79  

  14  

  Maldives  

  78  

  15  

  Arabie saoudite  

  77  

  16  

  Egypte  

  76  

  17  

  Ouzbékistan  

  74  

  18  

  Birmanie (Myanmar)  

  71  

  19  

  Laos  

  71  

  20  

  Vietnam  

  70  

  21  

  Rép. centrafricaine  

  70  

  22  

  Algérie  

  70  

  23  

  Turkménistan  

  69  

  24  

  Mali  

  68  

  25  

  Mauritanie  

  67  

  26  

  Turquie  

  66  

  27  

  Chine  

  65  

  28  

  Ethiopie  

  65  

  29  

  Tadjikistan  

  65  

  30  

  Indonésie  

  65  

  31  

  Jordanie  

  65  

  32  

  Népal  

  64  

  33  

  Bhoutan  

  64  

  34  

  Kazakhstan  

  63  

  35  

  Maroc  

  63  

  36  

  Brunei  

  63  

  37  

  Tunisie  

  63  

  38  

  Qatar  

  62  

  39  

  Mexique  

  61  

  40  

  Kenya  

  61  

  41  

  Russie  

  60  

  42  

  Malaisie  

  60  

  43  

  Koweït  

  60  

  44  

  Oman  

  59  

  45  

  Emirats arabes unis  

  58  

  46  

  Sri Lanka  

  58  

  47  

  Colombie  

  58  

  48  

  Bangladesh  

  58  

  49  

  Territoires palestiniens  

  57  

  50  

  Azerbaïdjan  

  57  

La carte de l'Index mondial de persécution vous donne un aperçu des pays où la situation des chrétiens est actuellement la plus difficile.

La carte actuelle peut être téléchargée en format PDF ici : Carte de la persécution 2019

Trois tendances de l’Index mondial de persécution 2019

Il y a cinq ans, seule la Corée du Nord appartenait à la catégorie «extrême» dans la persécution des chrétiens. Dans l’Index 2019, comme dans celui de 2018, onze pays se trouvent dans cette catégorie.  

Depuis 2006 environ, et plus encore depuis 2012, l’Index enregistre chaque année plus de persécution des chrétiens dans le monde. Cette année, un nombre de pays plus élevé que jamais sont entrés dans la liste sans pour autant avoir présenté une nette hausse dans le domaine de la violence. Cela tient au fait qu’il y a eu plus de discrimination et d’hostilité dans les domaines structurel, juridique et social. 

Tendance 1 – Autoritarisme de l’Etat, lois supplémentaires pour contrôler la religion

Pour la dix-huitième fois de suite, la Corée du Nord (n° 1) figure en tête de l’Index mondial de persécution, car c’est le régime autoritaire le plus oppressif du monde, dans lequel toute croyance qui n’est pas tournée vers le Guide suprême est un crime politique. Cependant, la tendance à l’autoritarisme d’Etat s’accentue dans de nombreuses régions du monde. 

On le voit le plus clairement en Chine (n° 27), où de nouvelles prescriptions sur la religion sont entrées en vigueur le 1er février 2018. Le régime s’emploie désormais à empêcher les enfants et les jeunes d’entendre des enseignements religieux, et pour ce faire il a fermé les écoles du dimanche, interdit les camps d’été et imposé aux églises de placer à leur entrée des écriteaux interdisant l’accès aux moins de 18 ans. 

En mars 2018, le président Xi Jinping a été autorisé à gouverner à vie – il est le premier depuis Mao à détenir un tel pouvoir. La Chine a également annoncé son plan quinquennal pour «promouvoir le christianisme chinois en Chine». Les églises chinoises doivent hisser le drapeau national plus haut que la croix et chanter l’hymne national avant chaque service religieux. La plus grande église de maison de Pékin, Sion, forte de 1500 membres, a été fermée en septembre parce qu’elle refusait d’installer des caméras de surveillance tournées vers l’assistance. Les réunions de croyants continuent d’être la cible de descentes de police dans plusieurs provinces, surtout dans celle, rurale, du Henan en Chine centrale, où 60% des milliers d’églises ont été fermées. (Deux des cinq principaux réseaux d’églises de maison ont commencé ici.)  

Tout récemment, le monde a appris l’existence de camps de rééducation dans la région autonome du Xinjiang, où les musulmans ouïghours représentent 45% de la population. Sur les quelque 6000 chrétiens d’origine musulmane vivant dans la région, certains ont disparu dans ces camps et n’ont plus jamais été revus.  

Le même autoritarisme d’Etat pèse aussi sur les chrétiens au Vietnam (n° 20), où la première loi sur la croyance et la religion s’applique depuis le 1er janvier 2018. Le Vietnam traite la religion comme un problème social et une menace potentielle pour la sécurité nationale. 

En Birmanie (Myanmar, n° 18), l’autoritarisme d’Etat s’allie au nationalisme. Le premier cardinal catholique du pays, Charles Bo, affirme que «durant les décennies de conflit armé, les militaires ont fait de la religion un instrument d’oppression [ethnique].»La majorité des chrétiens karens et les chrétiens de l’Etat kachin sont les plus durement touchés par l’oppression venue du gouvernement.

Tendance 2 – Des gouvernements ultranationalistes déclarent les minorités chrétiennes «étrangères»  

Des pays toujours plus nombreux connaissent une dérive du nationalisme vers un ultranationalisme qui non seulement considère les minorités, même respectueuses des lois, comme une menace, mais les force également, par la violence, à abandonner leur identité ou même à quitter le pays. L’exemple le plus net en est l’Inde (n° 10), où l’on utilise des lois pour appuyer le programme ultra-nationaliste croissant. Le gouvernement dirigé par le BJP encourage un hindouisme extrémiste et militant. Pour être Indien, il faut être de religion hindoue.  

La persécution des chrétiens a massivement augmenté depuis l’entrée en fonction du Premier ministre Narendra Modi en mai 2014. Les cas de violence augmentent d’année en année, principalement parce que la police et les autorités locales laissent souvent s’installer une culture de l’impunité. Les hindous militants tabassent les pasteurs, tentent de les expulser de leur village, violent leur femme et menacent même leurs jeunes enfants. Ceci reflète d’ailleurs une tendance mondiale, où l’on voit de plus en plus les exactions ciblant directement les femmes et les enfants faire partie intégrante de la dynamique de persécution. 

Tendance 3 – Propagation de l’islam radical du Moyen-Orient à l’Afrique subsaharienne 

La troisième tendance que l’on remarque à la lecture de cet Index mondial de persécution, c’est que, si les violences de l’Etat islamique et d’autres islamistes militants au Moyen-Orient ne font généralement plus les grands titres, leurs pertes territoriales ne sont pas synonymes d’extinction mais signifient que leurs combattants se sont dispersés dans de nombreux pays, non seulement au Moyen-Orient, mais de plus en plus aussi en Afrique subsaharienne.

Depuis 2017, les islamistes militants sont montés en puissance en Egypte, en Somalie, en Libye ainsi qu’au Yémen (dans la péninsule Arabique), où ils continuent à recruter et à occuper des territoires. 

En Egypte (n° 16), qui compte la plus importante population chrétienne du Moyen-Orient (le Coptes), l’Etat islamique et d’autres groupes djihadistes continuent de terroriser la communauté chrétienne. Par deux fois en 18 mois, sur la même route, un autobus rempli de pèlerins a été attaqué et ses occupants massacrés.  

A cause du caractère fortement tribal de la société en Somalie (n° 3), tout musulman qui se convertit au christianisme est probablement découvert immédiatement par sa famille et ses amis et risque la mort. 

Etat «failli» sans gouvernement unifié, la Libye (n° 4) reste un environnement mortel, surtout pour les migrants d’Afrique subsaharienne tenus prisonniers. Des sources fiables rapportent qu’au moins dix chrétiens ont été tués uniquement à cause de leur foi. 

Au Yémen (n° 8), une communauté petite mais grandissante de chrétiens autochtones d’origine musulmane vient en aide à la collectivité, malgré le grand danger, dans la guerre meurtrière que se livrent l’Iran et l’Arabie saoudite par soldats yéménites interposés.

Parmi les pays à niveau de persécution «élevé» (41 points ou plus) mais qui ne figurent pas dans les 50 premiers, 18 sur 23 se trouvent en Afrique subsaharienne. Cette région pose l’un des plus grands défis sécuritaire dans un contexte où se cumulent toujours plus la faiblesse de la gouvernance, la pauvreté et l’islam radical. Des exemples en sont la République démocratique du Congo (RDC) (n°54) et le Mozambique (n° 65).

Le mélange redoutable de l’islam radical avec des conflits régionaux ou locaux continue à causer la mort de nombreux chrétiens africains dans le nord-est du Kenya (n° 40), en République centrafricaine (n° 21) et dans le nord et le centre du Nigeria (n° 12).

Le plus haut niveau de violence

Même si Boko Haram continue ses attentats meurtriers, la persécution des chrétiens par ce groupe islamiste n’est plus aussi intense que ces dernières années. En revanche, le long de zone de conflit entre islam et chrétienté au centre du Nigeria, des décennies de changement climatique et de désertification rampante combinées à une croissance démographique rapide ont conduit à une lutte pour la terre et les ressources. L’intensification du conflit entre les éleveurs nomades peuls à majorité musulmane et les agriculteurs locaux à majorité chrétienne, dans la région dite ceinture centrale, fait que les chrétiens continuent à connaître le plus haut niveau de violence possible (16,7 points dans la catégorie «violence») dans l’Index mondial de persécution. L’intensification du conflit entre éleveurs nomades peuls à majorité musulmane et agriculteurs locaux à majorité chrétienne, dans la région dite «ceinture centrale», fait que les chrétiens continuent de subir le plus haut niveau de violence possible (16,7 points pour la catégorie «violence») dans l’indice mondial de persécution. Cela amène de nombreux chrétiens à penser que ces attaques font partie d’un nettoyage ethnique et religieux. Si l’on ne tenait compte que des persécutions «violentes», le Nigeria serait en première place cette année avec le Pakistan.

Pakistan: une lueur d’espoir?

Le président de la Cour suprême du Pakistan, Mian Saqib Nisar – au risque de sa propre vie – a tenu sa promesse d’entendre l’appel de la chrétienne pakistanaise Asia Bibi devant la Cour suprême avant de prendre sa retraite début 2019. Lui-même et les deux autres juges l’ont acquittée, déclarant que son accusatrice avait menti et que l’accusation de blasphème, pour laquelle Asia avait passé huit ans dans le couloir de la mort, était une invention. Hélas, ce verdict révolutionnaire a été remis en question par plusieurs jours de protestations massives et de soulèvements dans tout le Pakistan, déclenchés par des groupes islamiques radicaux réclamant la mort des trois juges et d’Asia Bibi. Bien que celle-ci soit «libre» en théorie, elle craint toujours pour sa vie et n’est pas autorisée à quitter le Pakistan pour demander l’asile dans un pays où elle et sa famille seraient en sécurité.

Index 2019: Tendances (PDF)

Le présent résumé de la situation ne prétend aucunement être exhaustif. C’est particulièrement vrai là où Portes Ouvertes n’a qu’un accès limité à l’information. Les chiffres disponibles sont des valeurs minimales, car nous pensons que le nombre des incidents non signalés est beaucoup plus élevé. Il est très difficile d’établir avec précision le nombre d’attaques ciblant des chrétiens.

Les chiffres suivis d’un * n’ont qu’une valeur symbolique, c’est-à-dire que le nombre réel est beaucoup plus élevé. Lorsqu’un décompte exact était impossible, nous avons indiqué un chiffre rond symbolique (10, 100, etc.).  Nous avons renoncé à donner des chiffres pour la Corée du Nord.

La période prise en compte pour l’Index mondial de persécution (Index) 2019 s’étend du 1er novembre 2017 au 31 octobre 2018.

Chrétiens tués en raison de leur religion

Les tableaux suivants, correspondant aux différentes questions du bloc 6 Violence, classent les pays en commençant par les plus hauts niveaux de violence.

  Chrétiens tués

  Index 2019    

  Index 2018  

  Nigeria  

3 731  

  2 000  

  République centrafricaine  

146  

  500  

  Somalie  

50  

  23  

  Ethiopie  

31  

  3  

  Pakistan  

28  

  15  

  Kenya  

20  

  39  

  Indonésie  

18  

  1  

  Egypte  

17  

  128  

  Mexique  

15  

  8  

  Autres pays de l'Index 2019  

80  

64  

  Hors index 2019

169  

284  

  TOTAL 6.1  

  4 305  

  3 066  

 

Attaques ou destructions d’églises

Ce décompte inclut des églises, écoles, hôpitaux et autres édifices chrétiens attaqués, incendiés ou démolis, en partie ou en totalité.

  Eglises et édifices vandalisés

  Index 2019  

  Index 2018  

  Nigeria  

569   

22  

  Chine  

171* 

10  

  Birmanie (Myanmar)  

100* 

2  

  Inde  

98   

34  

  Mexique  

40   

6  

  Pakistan  

28* 

168  

  Colombie  

26   

32  

  Egypte  

25   

7  

  République centrafricaine  

22   

157  

  Autres pays de l'Index 2019  

187   

184  

  Hors index 2019  

581   

172  

  TOTAUX  

  1 847  

  793  

 

Chrétiens détenus à cause de leur foi

Chrétiens gardés à vue, arrêtés, jugés ou emprisonnés durant la période sous revue.

  Chrétiens détenus 

  2019   

  2018   

  Chine  

1 131* 

134   

  Erythrée  

370   

375   

  Inde  

207   

635   

  Vietnam  

186   

25   

  Birmanie (Myanmar)  

154* 

19   

  Nigeria  

116* 

14   

  Iran  

67   

69   

  Soudan  

63   

20   

  Pakistan  

56   

  110   

  Ouzbékistan  

40   

  25   

  Autres pays de l'Index 2019  

235   

334   

  Hors index 2019  

525   

145   

  TOTAUX  

3 150   

1 905   

 

>> Les chiffres de la persécution

Qu’est-ce que la persécution des chrétiens? 

La Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 cite parmi les droits humains fondamentaux la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Rappelons en particulier l’article 18, sur la liberté religieuse: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites».

Si la liberté religieuse est bien définie par cet article, en particulier le droit de changer de religion et de la manifester, il n’existe pas de définition universellement reconnue de la persécution.

Portes Ouvertes nomme persécution: «Toute hostilité que les chrétiens subissent du fait de leur attachement à Christ. Cela inclut des attitudes, des paroles et des actions hostiles à leur encontre.» Cette définition large évite le risque de limiter la persécution aux seuls actes de violence. La menace quotidienne peut finalement s’avérer plus grave et plus dévastatrice pour une communauté chrétienne que la destruction de son église ou un attentat. C’est notamment le cas lorsqu’elle résulte d’une pression politique ou d’une discrimination sociale ou religieuse persistante. Pareillement, la perte de son travail peut avoir des effets aussi sérieux que des coups subis en prison.

La persécution survient en grande partie dans des régions où la vie est difficile pour tous. Elle vient donc s’ajouter à la vulnérabilité déjà présente, et les chrétiens sont ainsi doublement fragilisés. Dans ces systèmes qui limitent leurs droits ou les excluent, on désigne les chrétiens de «citoyens de seconde classe».

Approche, méthode et instrument

L'index mondial de persécution (ci-après l'Index) est l’instrument utilisé par Portes Ouvertes pour mesurer l'évolution, l'étendue et l'intensité de la persécution des chrétiens dans le monde.

L'Index, fondé sur des avis d'experts, est croisé avec différentes sources afin d'en garantir l'objectivité. Les experts consultés sont pour une part des chercheurs spécialisés de Portes Ouvertes et des experts externes. En 2012, la méthodologie de l'Index a été complètement révisée afin d'en garantir la crédibilité, tout en offrant la transparence, l'objectivité et une qualité scientifique.
 

Persécution des chrétiens

On qualifie de "persécution" les pressions et les violences commises spécifiquement contre des individus ou des communautés chrétiennes. Elle a lieu très souvent dans un contexte de guerres, de tensions ethniques, religieuses ou politiques ou en présence de groupes mafieux influents.

La persécution des chrétiens relève de situations complexes. Leur foi n'est pas nécessairement la raison principale des pressions ou des violences exercées contre eux. Elles peuvent n'être que le reflet d'une situation anarchique. Mais leur appartenance religieuse peut aussi les rendre doublement vulnérables. L'Index essaie de séparer les différentes composantes de la persécution.
 

Pressions et actes violents

L'Index fait une distinction claire entre deux formes principales de persécution: les pressions (dans la terminologie de la vidéo: persécution étau) et les actes violents (dans la terminologie de la vidéo: persécution marteau) . Si les actes violents attirent particulièrement l'attention, en réalité, les pressions sont la forme de persécution qui handicapent le plus les chrétiens. L'Index met aussi en évidence l'absence de corrélation entre les pressions subies par les chrétiens et la fréquence ou l'intensité des violences dont ils sont victimes. 

L'Index réfute un autre préjugé très courant: les persécuteurs les plus violents seraient la cause majeure de la persécution.
Si la violence peut être mesurée au nombre et à l'intensité des actes violents qui visent les chrétiens, il faut d'autres outils pour mesurer les pressions qui s'exercent contre les chrétiens.
 

Le processus de la persécution

La persécution est un processus qui s'appuie sur trois types de «moteurs»: le tribalisme exclusif parfois aussi appelé «Entre-soi», le laïcisme extrême et les pouvoirs abusifs. Ces moteurs alimentent huit différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens. Ces différents mécanismes sont eux-mêmes activés par onze genres d'instigateurs.

Le tribalisme exclusif tend à former une société homogène. Les "autres" sont exclus du groupe et considérés comme des êtres inférieurs, inhumains ou infidèles. Les actes les plus amoraux sont permis contre eux. Une composante religieuse individuelle est prépondérante dans cette impulsion.
Le Laïcisme extrême veut étouffer tout individu qui n'adhère pas à l'idéologie profane relevant du scepticisme et de l'anticléricalisme. Les principaux mécanismes relevant du laïcisme extrême sont l'oppression communiste et le laïcisme intolérant. Au final, l'Etat contrôle ce processus.
Les Pouvoirs abusifs cherchent à concentrer toutes les ressources au profit d'un petit groupe ou d'un individu, et utilisent des moyens tant légaux qu'illégaux pour arriver à leurs fins. Les pouvoirs abusifs sont le fait principalement de totalitarismes paranoïaques ou de systèmes de corruption et nécessitent la cooptation entre dirigeants politiques et chefs de clans. Bien que ce ne soit pas le but premièrement recherché, cette situation a souvent pour conséquence la persécution des chrétiens, même si ce n’est pas forcément le but recherché au départ.
 

Mécanismes de persécution

L'Index catégorise huit différents mécanismes responsables de la persécution des chrétiens.

   A) Tribalisme exclusif

1. Extrémisme islamique - Incorporer de gré ou de force le pays dans la "Maison de l'islam".
2. Nationalisme religieux - Soumettre la nation entière à une religion: hindouisme, bouddhisme, judaïsme orthodoxe... (Du fait de sa prévalence, l'islamisme radical est traité séparément.)
3. Rivalités ethniques - Conserver la prééminence de traditions et de coutumes ou religions ancestrales. 
4. Supériorité ecclésiastique - Faire d'une dénomination chrétienne historique et majoritaire la seule expression chrétienne du pays.

   B) Laïcisme extrême

5. Oppression communiste - Faire du communisme l'idéologie nationale unique.
6. Laïcisme intolérant - Eliminer toute référence religieuse du domaine public et de la pensée individuelle.

   C) Pouvoirs abusifs  

7. Totalitarisme - Conserver un pouvoir absolu, sans nécessairement chercher à réaliser des objectifs.
8. Systèmes de corruption - Créer un climat d'impunité, d'anarchie et de corruption propice à un enrichissement personnel.

Très souvent, plus d'un mécanisme entre dans la persécution des chrétiens. Un mécanisme spécifique prééminent permet à d'autres de se développer.

 

Instigateurs de la persécution

Les instigateurs de la persécution sont des groupes ou des individus animés par les différents moteurs mentionnés plus haut. L'Index recense douze différents types d'instigateurs. Plusieurs peuvent se regrouper pour mettre en place un mécanisme.

  • Autorités locales, régionales et nationales
  • Dirigeants de groupes ou clans
  • Clergé de religions non-chrétiennes
  • Clergé de religions chrétiennes
  • Groupes religieux violents
  • Groupes de pression idéologiques
  • Individus de la société civile, foules
  • Famille (au sens large)
  • Partis politiques, au niveau local et national.
  • Groupes révolutionnaires ou paramilitaires
  • Cartels, clans et réseaux du crime organisé
  • Organisations multilatérales (p.ex. ONU) et ambassades.

Tous ces moteurs, mécanismes et instigateurs visent à obtenir un pouvoir exclusif. Les chrétiens, individus et groupes qui ne s'identifient pas à ces pouvoirs peuvent être victimes de persécutions.

L'Index démontre qu'aucun de ces huit mécanismes, ni leurs interactions, ne sont forcément dirigés contre des chrétiens. Il est même possible qu'ils poursuivent exclusivement le but de conquérir le pouvoir.

Dans de telles situations, mieux vaudrait plier et éviter d'attirer l'attention. Cependant, le message fondamental du christianisme affirme que le pouvoir ultime n'est pas d'ordre terrestre. L'attitude des chrétiens dans la rue, leur enseignement du haut de la chaire, ou par leur comportement à la maison, sont souvent considérés comme un défi lancé aux différents instigateurs de la persécution.
 

Les sphères de la persécution

L'Index définit cinq sphères distinctes pour mesurer les pressions subies par les chrétiens:

PRESSIONS

1. La vie privée et le domaine de la "liberté de conscience", où le persécuteur s’imisce jusque dans la conscience de l’individu.
2. La vie familiale, où le persécuteur cherche à stopper la transmission de la foi. 
3. La vie sociale, qui revêt une grande importance dans les pays où les quartiers et villages sont de population homogène.
4. La vie civile, et la possibilité ou non pour un chrétien de prendre part à la vie publique. 
5. La vie ecclésiale, et les restrictions qui visent les chrétiens en tant que groupe. 

ACTES VIOLENTS

6. Les violences corporelles et matérielles subies par les chrétiens entre le 1er novembre et le 31 octobre précédant la publication de l'Index viennent compléter cette évaluation. Ces actes peuvent avoir visé une ou plusieurs des cinq sphères.

Pré-évaluation 

Une pré-recherche est effectuée au moyen d'un outil appelé Rapid Appraisal Tool (instrument d'évaluation rapide) qui croise des recherches sur internet et différentes autres sources. Selon le résultat, des recherches complémentaires sont menées, destinées à déterminer la nécessité d'une investigation approfondie. Si c’est le cas, des questionnaires de l'Index sont adressés à des experts internes et externes mandatés pour évaluer le pays concerné.

Ces informations recueillies sont ensuite regroupées et recoupées pour arriver à un nombre de points qui décidera du rang du pays dans l'Index, qui classe les 50 pays où les chrétiens sont le plus gravement persécutés.
 

La grille de points

L'Index définit différents degrés de persécution qui sont illustrés par un code couleurs. En tête de l'Index figurent les pays au score le plus élevé, où les chrétiens sont le plus gravement persécutés.

Persécution extrême: entre 81 et 100 points.
Dans ces pays, il n’est absolument pas possible de pratiquer sa foi. Les églises sont, soit interdites, soit tellement contrôlées qu’elles n’ont aucune liberté d’expression. Le simple fait d’être chrétien est synonyme de persécution.

Persécution très forte: entre 61 et 80 points.
Dans ces pays, il est tellement dangereux de pratiquer sa foi que la plupart des chrétiens ont peur de révéler leur appartenance au christianisme. Dans certains cas, seules certaines régions du pays sont touchées par la persécution. Dans ces régions, des campagnes violentes et de longue durée sont menées contre les chrétiens.

Persécution forte: entre 40 et 60 points.
Dans ces pays, il existe une Église qui est tolérée et qui bénéficie d’une certaine liberté. Mais en pratique, les chrétiens un peu trop visibles sont pris pour cible, les églises subissent des restrictions importantes et la culture du pays reste dans une large mesure hostile aux chrétiens. Ceux-ci sont notamment discriminés dans leur accès à l’éducation et à l’emploi. Dans certains pays la persécution est sévère mais elle se limite à certaines zones géographiques.

UN DOCUMENT HUMAIN

L’index n’est pas qu’une collecte de chiffres, il s’agit également d’un document «humain», qui reflète la vie de millions de chrétiens. Le but principal de l’Index mondial de persécution est de nous aider à déterminer dans quels pays nous devons focaliser notre soutien aux chrétiens persécutés. Cet index est aussi publié afin d’encourager davantage d’individus, d’associations et d’institutions à se pencher plus précisément sur ce que vivent les chrétiens persécutés et sur leurs besoins, et pour que de meilleures stratégies puissent être élaborées dans le but de leur venir en aide.

Principales définitions utilisées dans l'Index

Chrétien: est considéré comme chrétien, tout individu qui se déclare comme tel ou qui fait partie d'une communauté chrétienne adhérant au credo historique de l'Eglise.

Persécution: est considérée comme persécution toute hostilité à l'égard d'une personne parce que celle-ci se réclame du Christ. La persécution pourra donc être une attitude hostile, une agression verbale, des actes malveillants envers les chrétiens, que ce soit de la part de chrétiens d'autres dénominations, d'athées ou d'adeptes d'autres religions.

16

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Al Sissi, largement réélu en mars 2018, le pays se retrouve de nouveau avec à sa tête un homme fort issu de l’armée, qui muselle le parti des Frères musulmans et combat l’extrémisme islamique dans le désert du Nord du Sinaï. Il se pose comme le garant de la stabilité du pays et pour ce faire, il n’hésite pas à écraser toute opposition politique.

Situation des chrétiens

17

En Ouzbékistan, tous les pouvoirs sont concentrés dans les mains du président Shavkat Mirziyoyev. Les mouvements d’opposition et les médias indépendants sont interdits. La Constitution entérine la séparation entre l’État et la religion et garantit la liberté de religion, mais les lois et la police restreignent très fortement cette liberté tout comme la liberté d’expression. Les Droits de l’Homme sont totalement bafoués.

Situation des chrétiens

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Après des décennies de dictature militaire, ce pays bouddhiste a connu une certaine ouverture politique. En 2015, le prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, est élue, mais la gente militaire garde une forte emprise. Le pays a vu émerger ces dernières années un bouddhisme politique, représenté par le mouvement Ma Ba Tha qui veut défendre l’identité bouddhiste du pays et s’en prend aux minorités religieuses. 

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Ce pays est l’un des plus pauvres du monde. Enclavé, il dépend économiquement et politiquement de ses 2 influents voisins : la Chine et le Vietnam. Le parti communiste au pouvoir n’envisage pas de réforme démocratique et surveille très étroitement les citoyens. Près de la moitié de la population appartient à des minorités ethniques et le bouddhisme est très présent dans la société et la culture. 

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Le Vietnam, un État communiste à parti unique, dont la croissance économique est l’une des plus rapides de l’Asie du Sud-Est, s’est fixé pour objectif de devenir une nation moderne d’ici 2020. Le pays connaît un haut niveau de corruption, laquelle est dénoncée par les journalistes. Des militants des Droits de l’Homme (souvent chrétiens) ont été molestés et condamnés.  

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