Portes Ouvertes Suisse
What would you do if your faith cost you your promotion, your reputation, your children's education, your community's acceptance— and nearly your marriage?

4 minutes

TémoignageVietnam

Tenir bon ensemble au Vietnam

Que feriez-vous si votre foi vous coûtait votre carrière, votre réputation, l’école de vos enfants… et presque votre mariage? Pour Cam Van Muon*, la réponse était simple: jamais il ne renierait le Christ. Luong Thi Mai*, elle, était tiraillée. Le témoignage de ce couple vietnamien illustre comment Dieu transforme et fortifie ses enfants.

Pendant plusieurs années, la vie de Cam Van Muon et de Luong Thi Mai, un couple d’ethnie thaïe du Vietnam, a été modeste mais paisible. Van Muon, connu pour son honnêteté, avait gagné le respect de son village, qui lui avait confié des responsabilités locales. «À mes yeux, c’était un mari merveilleux», confie Thi Mai.

Puis tout a basculé. Quand les autorités ont découvert qu’il pratiquait activement sa foi chrétienne, la surveillance a commencé: convocations, interrogatoires, pressions. Les chefs du village exigeaient qu’il renonce à sa foi. Sa réponse est toujours restée la même: «Le Christ est dans mon cœur. Comment pourrais-je l’en retirer?»

Les conséquences ont été lourdes : perte de ses fonctions, enfant exclu de l’école, récolte de riz pillée. Van Muon a même été battu à deux reprises, alors qu’il se rendait à l’église. Au lieu de se venger, il a prié et choisi le pardon.

Deux réactions face à l’épreuve

Thi Mai, enceinte de leur deuxième fils, était harcelée par le village et sa propre famille : «Convaincs ton mari d’abandonner sa foi.» On lui chuchotait également : «Ton mari aime Dieu plus qu’il ne t’aime.» Elle a fini par le quitter pour retourner chez ses parents, mais n’y a pas trouvé la paix et est revenue. Quand l’exclusion de leur aîné a duré, elle a reporté la faute sur lui:

«À cause de toi, notre famille a tout perdu.»

Elle s’enfonçait dans le désespoir. Déchirée entre son mari et sa communauté, accablée par la honte et l’isolement, elle en est venue à vouloir mettre fin à ses jours. Un soir, elle a quitté la maison, décidée à en finir. Van Muon, inquiet, l’a suivie, l’a empêchée de passer à l’acte et l’a ramenée chez eux. Une autre fois, elle est partie seule dans la forêt à moto. Il l’a retrouvée et est resté à ses côtés jusqu’au matin. Jamais il ne s’est mis en colère. Il l’a simplement aimée.

C’est cette patience qui a touché Thi Mai. Elle est revenue vers Dieu, a recommencé à fréquenter l’église et à étudier la Bible. «J’ai trouvé la paix, dit-elle. J’ai commencé à croire que Dieu avait permis cette persécution pour une raison.» La persécution n’avait pas cessé, mais son cœur avait changé.

Une porte inattendue

Des croyants qu’ils n’avaient jamais rencontrés les ont soutenus, et notamment les partenaires de Portes Ouvertes. « Chaque fois que nos provisions étaient presque épuisées, Dieu pourvoyait à nouveau au moment précis », témoigne Van Muon. La famille s’est installée dans une ville voisine, où des croyants les ont accueillis.

C’est alors que Thi Mai a été invitée à participer à un projet de traduction de la Bible. Après avoir hésité, elle a accepté. Elle se prépare à traduire les Écritures du vietnamien vers sa langue maternelle, le thaï. Alors qu’elle avait supplié son mari d’abandonner le Christ, elle participe désormais à apporter la Parole de Dieu à son propre peuple. Van Muon a été nommé diacre. Le couple, qui a frôlé la séparation, sert aujourd’hui Dieu côte à côte et rêve de voir chaque membre de sa tribu avoir une Bible entre les mains.

Van Muon va de l’avant et choisi de se souvenir de la fidélité de Dieu au milieu de toutes les épreuves traversées. Les paroles de David sont devenues les siennes :

Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires.

— Psaume 23.5

* Les noms ont été changés pour des raisons de sécurité.

Prions:

  • pour Van Muon et Thi Mai dans leur travail de traduction biblique : que le Seigneur leur accorde sagesse, discernement et persévérance, afin que Sa Parole soit transmise fidèlement dans la langue de l’ethnie thaïe.
  • que le Seigneur veille sur leurs deux fils, les fasse grandir en sagesse et en foi, et leur donne les moyens de poursuivre leurs études.
  • pour le pasteur local et son église : que le Seigneur fortifie leur foi, afin qu’ils tiennent bon dans l’épreuve et soient des témoins vivants de Dieu.