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Abraham* vit avec sa famille dans un camp de déplacés, depuis que son village a été attaqué, il y a trois ans. Il est l’un des 16.2 millions de chrétiens actuellement sur les routes de l’exil en raison des violences qui touchent l’Afrique subsaharienne.
«J'ai couru et je suis tombé dans un fossé avec beaucoup de feuilles qui me cachaient bien. […] c'est ainsi que ma vie a été épargnée.» Voici comment Abraham décrit le moment où il a réussi à échapper à une attaque de militants peuls sur son village de l'État de Benue, au centre du Nigeria. Ce jour-là, huit personnes ont été tuées, sept autres blessées, et le reste des habitants a été forcé à l’exil.
« Leur objectif est de nous islamiser tous»
C'est en arrivant à Ichwa, un camp pour personnes déplacées, qu'Abraham et les autres survivants ont découvert ce qui avait motivé l’attaque de leur village et ce qui les empêche d’y revenir. «On nous a dit que nos agresseurs voulaient s'emparer de nos terres par la force», raconte-t-il. «Leur objectif est de nous islamiser. […] Ils aiment notre terre et veulent nous la prendre de force parce que nous avons refusé d'être musulmans.[…] Ils veulent s'emparer du Nigeria et d'autres parties de l'Afrique selon leur programme. Ils ont commencé par s'emparer des régions chrétiennes.»
L'histoire d'Abraham n'est pas inhabituelle. Elle se répète encore et encore dans le nord du Nigeria et dans d'autres parties de l'Afrique subsaharienne. Et à chaque fois, ce sont des familles entières qui perdent tout et se retrouvent dans une vulnérabilité extrême.
«J'étais qualifié pour être admis dans n'importe quelle école polytechnique ou université. Mais à cause de l'attaque, je n'ai pas pu poursuivre mes études», raconte Abraham.
Une menace similaire pèse sur les trois enfants d'Abraham.
«Le fait d'être dans ce camp nous a considérablement limités», explique-t-il. «Mes enfants n'ont pas pu aller à l'école parce que je ne cultive plus.» Pour Abraham, l'urgence est la survie quotidienne. «Il y a quatre jours, nous n'avions rien à manger», dit-il. Quand la faim est devenue trop insupportable, je suis allé aider dans une plantation de patates douces. À mon retour, j'ai vu ma femme à terre parce qu'elle avait très faim. Elle est même tombée malade et n'a recommencé à s'asseoir qu'hier.»
La lutte pour la survie est exacerbée par l'impact de la vie dans un camp de déplacés sur les enfants. «La vie a été très difficile et nous souffrons avec nos enfants; ils n'ont rien à faire, ils sont très rebelles», explique Abraham. Dans tous les camps de déplacés, il s'agit d'un problème majeur, qui renforce l'effet domino du déplacement.
Tout cela a un impact sur la foi d'Abraham. Bien qu'il ait vu Dieu répondre à ses prières, souvent, la souffrance ne fait que s'aggraver, pour lui et pour ceux qui l'entourent. Des doutes et des questions émergent, mais aussi la foi que Dieu est présent et qu'il s'en sortira. «J'ai toujours Dieu et Il est toujours sur le trône. Il me délivrera sûrement», assure-t-il.
Les partenaires locaux de Portes Ouvertes sont intervenus pour aider à répondre aux besoins urgents de ceux qui se trouvent dans les camps de déplacés comme à Ichwa, où se trouve actuellement Abraham et sa famille. L'impact de ce travail est important, mais les besoins sont immenses.
«Nous lançons un appel aux chrétiens du monde entier pour qu'ils regardent nos souffrances et qu'ils viennent à notre secours. Nos souffrances sont grandes», conclut Abraham.
Informez-vous sur la campagne de soutien menée actuellement en faveur des chrétiens victimes de violences en Afrique subsaharienne.