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Sous embargo jusqu'en 2024 WWL CP - Saleh, un chrétien yéménite

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Communiqué de presseYémen

Yémen: Les chrétiens marginalisés dans un pays en proie à la guerre civile

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Depuis début avril, le Yémen reprend son souffle. Une trêve, fragile, instaurée par l’ONU, est venue rompre le chaos de 8 ans de guerre civil. Les chrétiens n’en bénéficient pas, eux qui continuent d'être marginalisés dans le pays, comme l’observe Henriette Kats, experte du Moyen-Orient pour l’ONG Portes Ouvertes.

Romanel-s-Lsne, 31 mai 2022 - La guerre civile yéménite a commencé en 2014 lorsque les Houthis, une minorité musulmane chiite frustrée par la politique du régime du président Abdrabbuh Hadi, se sont alliés à l'armée et ont pris le contrôle de Sanaa, la capitale du pays.

Cette situation a engendré jusqu'à présent près de 100'000 morts et 250'000 déplacés. Près de 80% de la population dépend de l’aide d’urgence humanitaire. Le mois dernier, un cessez-le-feu est entré en vigueur entre les rebelles houthis, alliés de l'Iran, et le gouvernement yéménite, ce qui a permis aux organisations humanitaires d'acheminer de l'aide dans la région.

Les chrétiens exclus de l'aide d'urgence

Les chrétiens yéménites, qui sont pour la plupart d'origine musulmane, ne peuvent toutefois pas en bénéficier. «Les chrétiens d'origine musulmane qui demandent une aide d'urgence sont sujets à la discrimination et aux mauvais traitements si leur foi est découverte», explique Henriette Katz. «Leurs noms peuvent être rayés des listes de distribution, surtout si l'aide est distribuée par le biais des mosquées locales, où la fréquentation de la mosquée permet de vérifier si une personne est un bon musulman ou non».

Souvent, la distribution est effectuée par des chefs de tribu, explique-t-elle. La manière dont l'aide d'urgence est distribuée défie à plusieurs niveaux les chrétiens yéménites.

Une situation encore très incertaine

La distribution de l'aide humanitaire est souvent limitée aux grandes villes, ce qui a eu pour conséquence un exil massif des populations rurales, qui survivent désormais dans la rue. Ceux qui restent dans les petites villes et les villages sont particulièrement menacés par la crise humanitaire.

«De nombreux Yéménites ont réagi avec prudence au cessez-le-feu», explique David Landrum, directeur du plaidoyer de l’ONG Portes Ouvertes pour la Grande-Bretagne et l’Irlande. «La situation est encore très incertaine et les gens espèrent que le cessez-le-feu durera suffisamment longtemps pour que l'aide dont ils ont tant besoin puisse parvenir en quantité suffisante à la population yéménite».

Le cessez-le-feu a permis à Abdrabbuh Mansour Hadi, président depuis 2012, de passer officiellement le relais à un conseil présidentiel composé de huit membres. Rashad al-Alimi, qui était auparavant vice-premier ministre et qui préside désormais le nouveau conseil, a promis d’oeuvrer pour mettre fin à la guerre, de veiller à la stabilité économique et à l'atténuation de la crise humanitaire.

La peine de mort pour avoir changé de religion

Le Yémen occupe le 5e rang de l'Index mondial de persécution de Portes Ouvertes, un classement des 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés.

Au moins 95% des chrétiens yéménites sont des convertis de l'islam. La Constitution déclare que l'islam est la religion d'État et que la charia est la source de toutes les lois. Il est interdit de professer d'autres religions que l'islam et il est interdit aux musulmans de se convertir à une autre religion. Les Yéménites qui quittent l'islam peuvent être condamnés à la peine de mort.