19.03.2021 /
Syrie
/ news

Syrie: L’amour plus fort que 10 ans de guerre

En dix ans de guerre, les Syriens ont énormément souffert. Mais au cœur du chaos, beaucoup découvrent et acceptent le message de la Bonne Nouvelle du salut, que ce soit en Syrie ou au Liban, pays de refuge.

«Nous avons déjà eu une centaine de baptêmes depuis nos débuts en 2013», se réjouit Nihad Hasan. Ce pasteur de l'Église kurde de Beyrouth au Liban accueille des réfugiés syriens. Il vient encore de baptiser vingt-deux nouveaux convertis. 

Quant au pasteur syrien Oussama, il est en contact avec 500 familles, dont 240 fréquentent son église de réfugiés au Liban. La grande majorité de ses fidèles est d'arrière-plan musulman, parfois yezidi ou druze. 

Son collègue Nihad confirme: «La guerre en Syrie a été très meurtrière. Mais elle a aussi fait réfléchir les gens. Beaucoup ont demandé: 'Nous sommes musulmans, pourquoi ces extrémistes islamiques ou ces soldats turcs nous font-ils ça?' Cela les a poussés à se questionner sur leur foi et à chercher des réponses.»

Beaucoup de ces nouveaux chrétiens sont maintenant confrontés au rejet de leur famille, de leurs amis et de leurs voisins. Mais ils ont trouvé dans l’Église une nouvelle famille, et dans le Dieu d’Amour de l’Évangile, le Père qu’ils cherchaient. Portes Ouvertes aide ces églises locales à devenir des «Centres d'Espoir»: un lieu de refuge et de paix pour reconstruire la société. 

À la recherche d'un Dieu d'amour

Ce que tous ces nouveaux chrétiens ont en commun, c'est la recherche d’un Dieu d’Amour. Le pasteur Oussama nous explique: «Beaucoup suivent Jésus parce qu'ils ont été choqués par l'État islamique, dont ils disent qu’il a montré le vrai visage de l'islam!» 

C’est le cas de Baheya (26 ans), née dans une famille musulmane très stricte du nord-est de la Syrie. «J’étais comme toutes les autres femmes, vivant cloîtrée entre quatre murs.» À cause de la guerre, Baheya s'est enfuie avec son mari et leur petite fille en février 2016. Au Liban, suite à l’invitation d’un pasteur, elle a trouvé un sens à sa vie: «Je cherchais la vie, et quand j'ai connu le Christ, j'ai découvert qu’Il est la Vie.»

Dix ans de chaos

Depuis le 15 mars 2011, le conflit a fait près de 400’000 morts et provoqué des millions de déplacés. Avant la guerre, la Syrie comptait deux millions de chrétiens, soit 8% de sa population. Ils ne sont plus que 600'000 aujourd’hui. 

Ibrahim* (30 ans), partenaire de Portes Ouvertes à Alep, évoque ses conditions de vie actuelles: deux heures d’électricité par jour, jusqu’à cinq heures de files d’attente pour se procurer du pain, l’inflation galopante  ̶  un loyer est plus élevé qu’un salaire moyen  ̶  et la pénurie d’essence qui paralyse le pays. Sa priorité, endiguer l’exil des chrétiens de sa génération: «Je suis convaincu que ma place est à Alep, afin d’aider d’autres chrétiens à garder espoir. Le rôle de l’Église est d’être sel et lumière au milieu de cette longue nuit.»