29.03.2018 / news

Pâques en Irak : la renaissance après la douleur

En Irak, les chrétiens de retour à Karakosh vont célébrer Pâques pour la première fois depuis 2014. Leur message d’espoir : après la souffrance vient la joie, avec une foi renouvelée.

En Irak, pour la première fois depuis le départ de Daech, de nombreuses familles chrétiennes se préparent à célébrer Pâques à Karakosh, dans la plaine de Ninive, où elles sont revenues récemment. Pour ces familles, Pâques prend cette année toute sa signification : la victoire sur la souffrance et la mort. Malgré les ruines visibles, la vie renaît avec une foi plus forte.

Pâques : un message pour l’humanité

« Jésus est ressuscité. Quelle espérance ! Nous voulons vivre une nouvelle vie avec lui », dit Anis, un professeur de 58 ans en qui les épreuves de la vie ont forgé patience, calme et sagesse. « Avant Daech, nous étions environ 50 000 chrétiens à Karakosh. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 25 000. Pour la plupart, nos maisons ont été gravement endommagées. Maintenant, c’est le temps de la reconstruction », dit-il. Anis se réjouit à l’approche de Pâques. « Pâques est un message lancé à l’humanité. Un message de renouveau : après la souffrance, les épreuves, les conditions difficiles, il y a la vie. C’est ce que nous attendions et ce que nous voulons célébrer à Pâques. »

 

« Nous avons mis notre espoir en Jésus ! »

 « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, gloire ! Alléluia ! », pouvait-on entendre chanter à pleins poumons par des milliers de chrétiens dans le centre-ville de Karakosh dimanche dernier, jour des rameaux. Les cris de joie ont remplacé l’effroi, le bruit des armes, la mort, le silence… qui avaient envahi les lieux de 2014 à 2017. L’an dernier à la même époque, plusieurs centaines de familles déplacées à Erbil étaient venues en autocar à Karakosh pour une journée seulement. Très endommagée et encore trop dangereuse, la ville était inhabitable.

Parmi la foule en liesse, Andraws incarne avec ses 25 ans cette volonté de revivre avec le message que les chrétiens d’Irak veulent communiquer au monde entier : « Ne perdez pas espoir. Nous avons été déplacés pendant près de trois ans et tout portait à croire que jamais nous ne serions de retour à Karakosh. Mais aujourd’hui, nous sommes ici à nouveau, à cause de Jésus, parce que nous avions mis notre espoir en lui. Oui, les chrétiens sont rentrés à Karakosh ! »

Même si les défis sont nombreux pour les chrétiens irakiens, Anis, Andraws et des milliers d’autres chrétiens d’Irak vont pouvoir célébrer Pâques en communion avec les chrétiens du monde entier, avec cette joie de vivre retrouvée qu’ils veulent nous communiquer.