13.04.2018 /
Nigeria
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Nigeria: «Nous devons porter notre croix ensemble»

Depuis le 14 avril 2014, ils n’ont pas revu leurs filles. Quatre ans après, les parents des 112 lycéennes de Chibok toujours en captivité au Nigeria ont toujours besoin de notre solidarité. Portes Ouvertes soutient les familles concernées et rencontre régulièrement notre contact sur place.

Nos partenaires sont retournés à Chibok, dans le sud de l’Etat de Borno. Le sinistre bâtiment de l’école secondaire pris d’assaut par Boko Haram le 14 avril 2014 est en cours de rénovation. Toutefois, l’enlèvement de 219 lycéennes a marqué les esprits, même si 107 d’entre elles ont été libérées depuis.

«Je suis plus qu’heureuse. Ma fille est vivante et libre. Elle étudie maintenant», dit Mary, qui a retrouvé sa fille.
Deux des filles du pasteur Ayuba Muta ont aussi été enlevées. «Sur le coup, je pensais ne plus jamais les revoir. Ensuite, j’ai commencé à abandonner toutes choses à Dieu. Un jour, l’une a été relâchée. L’autre est encore captive. J'espère qu’elle sera aussi libérée.»                                  

Yakubu Nkeki Maina, le porte-parole des parents qui a également récupéré sa fille, décrit la situation: «Nous souffrons encore. Bien que certaines soient de retour, nous ne pouvons pas nous réjouir en présence de ceux dont les filles sont toujours portées disparues. Ce serait une provocation. Nous devons porter notre croix ensemble, garder la foi et l'espoir jusqu’à ce que toutes soient revenues.»

Grâce à votre soutien pendant ces quatre années, les partenaires de Portes Ouvertes ont apporté aux parents de Chibok un suivi post-traumatique, une aide financière (médicaments et nourriture) et des lettres d’encouragement. «Dieu s’est servi de vous. Nous l’avons vu répondre à vos prières», dit Yakubu.

Dernièrement, les parents de Chibok ont parcouru plus de 300 km pour rendre visite aux familles des 110 filles enlevées en février par Boko Haram à Dapchi, un village de l'Etat de Yobe. «Nous voulions les écouter et partager avec eux notre expérience de gestion de vie.» Les espoirs des parents de Dapchi se sont réalisés le 21 mars 2018 lorsque Boko Haram a relâché leurs filles. La seule chrétienne parmi elles n'a pas été libérée, probablement parce qu’elle a refusé de se convertir à l'islam.

Les parents de Chibok encore accablés par l’épreuve demandent aux chrétiens du monde entier de se rallier à eux par la prière.