08.04.2019 /
Algérie
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Les chrétiens algériens solidaires des aspirations du peuple

Chrétiens et manifestants aspirent à l’avènement d’une république démocratique moderne en Algérie, suite à la démission de son président la semaine dernière.

Romanel-s-Lsne, le 8 avril 2019 - Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, a officiellement quitté le pouvoir mardi dernier. Pour les chrétiens algériens, tout comme pour la population manifestant depuis plusieurs semaines dans les rues, cette démission n’est qu’une première étape. L’Eglise Protestante d’Algérie (EPA) confirmait dans un récent communiqué de presse sa solidarité avec les «aspirations et revendications légitimes du peuple algérien dans sa lutte pacifique pour l'avènement d'une république démocratique moderne».

 «Nous, Église Protestante d'Algérie (EPA), suivons avec attention et de très près la situation politique que traverse, des dernières semaines, notre cher pays, depuis la marche du 22 février 2019» communiquait l’EPA fin mars dernier.

Prière et prise de position

Cette prise de position officielle de l’EPA s’accompagne d’une autre initiative, spirituelle cette fois-ci. En effet, depuis janvier, les chrétiens algériens se sont lancés dans un important mouvement de jeûne et prière en faveur de la stabilité de la situation socio-politique, la relance économique et la bonne gestion des richesses naturelles dans leur pays. Salah Chalah, président de l'EPA, affirme: «L’Église Protestante d’Algérie reste optimiste et croit fermement que la victoire du peuple algérien sur l’arbitraire et l’injustice est plus proche que jamais.»

Rappel des faits

Depuis février 2019, le peuple algérien a protesté contre un cinquième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier a finalement renoncé à se représenter, ajournant le scrutin de l’élection présidentielle initialement prévu pour le 18 avril à une date indéterminée. En parallèle de ces rebondissements, des manifestations pacifiques réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes ont eu lieu tous les vendredis dans plusieurs localités en Algérie.

Les chrétiens espèrent en la fin de l’ordonnance de 2006 

La minorité chrétienne algérienne espère que la transition politique entrainera la fin de l’ordonnance 06-03 promulguée en février 2006, visant à restreindre les conversions vers le christianisme. Car cette loi qui régit les cultes non musulmans en Algérie constitue encore actuellement un outil de persécution entre les mains des autorités. « Seules les dispositions pénales de la loi ont été appliquées, dans le but de freiner les conversions », déplore Mahmoud Haddad, un ex-président de l’Église Protestante d’Algérie (EPA). Et d’ajouter : « C’est une loi injuste à l’égard des chrétiens à qui on veut refuser le droit de partager leurs convictions religieuses ! Si ce texte demeure tel quel, ce sera vraiment une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes. »

En 2018, sur la base de cette loi, une vague de fermeture d’églises avaient eu lieu dans le pays. Ces faits rappellent qu’en Algérie, les chrétiens ne sont pas encore libres de vivre leur foi ouvertement. Sur l’Index Mondial de Persécution de Portes Ouvertes, l’Algérie occupe le 22e rang.