15.10.2015 /
Soudan
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Sudan: Amnesty International condamne le Soudan

Dans son dernier rapport, publié en juin 2015, Amnesty International (AI) accuse le gouvernement soudanais de crimes contre l'humanité dans la région des monts Nouba. AI appelle instamment le Soudan, l'opposition du SPLM-N et d'autres gouvernements, ainsi que les Nations Unies et l'Union africaine, à prendre des mesures pour mettre fin aux violations du droit international et à ouvrir une enquête sur les crimes de guerre au Sud-Kordofan.

Le rapport relève qu'au cours des quatre ans qu'a déjà duré ce conflit, des centaines de civils ont été tués et des milliers d'autres blessés lors d'attaques aériennes et terrestres de grande ampleur. L'armée emploie pour cela des Antonov munis de bombes non guidées, qui ne distinguent pas entre entre objectifs militaires et civils. Cette façon de faire viole les règles fondamentales du droit international humanitaire.

Le rapport confirme que les forces armées soudanaises ont fait usage d'avions de combat et d'armes à longue portée pour attaquer des villages, des camps de personnes déplacées, des hôpitaux, des écoles, des maisons, des marchés ou leurs environs. Le conflit a amené une crise humanitaire massive aux conséquences catastrophiques pour la population civile. AI estime qu'au moins un tiers des quelque 1,4 millions d'habitants de l'Etat du Sud-Kordofan ont été déplacés et vivent maintenant dans des conditions inhumaines, sans sécurité et sans approvisionnement suffisant en nourriture et autres biens de première nécessité.

Cette crise a également précarisé les services de santé et le système éducatif. Dans les régions contrôlées par les rebelles du SPLM-N, il ne reste que deux hôpitaux en service au lieu de quatre auparavant, pour plus de 1,2 million d'habitants. Des six écoles secondaires existant avant le début de la guerre, il n'en subsiste plus que trois. Le rapport critique aussi les restrictions apportées à la surveillance de la situation humanitaire et le manque de zèle de la communauté internationale à enquêter sur les violations du droit international. Ceci est dû entre autres causes à l'état d'urgence en vigueur depuis 2011, qui limite fortement l'accès à la région concernée.

"Le gouvernement soudanais a violé de nombreux droit humains, dont le droit à la vie, aux soins médicaux, à l'éducation, à la nourriture, à l'eau potable et à un logement adéquat."
Amnesty International, Rapport 2015, Soudan