06.01.2017 /
Soudan
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Soudan: Un pasteur retrouve la liberté

Quatre chrétiens détenus depuis plus d'un an font face à la justice du Soudan. L'un d'eux vient d'être libéré. Pour les trois autres, l'épreuve continue. La prochaine audience est prévue le 9 janvier.

Le 2 janvier, quatre détenus chrétiens comparaissaient devant le tribunal de Khartoum. Le juge allait-il enfin prendre une décision dans ce procès qui s'éternise?

A l'issue de la séance, le juge a signifié au pasteur Kuwa Shamal que les charges sont insuffisantes pour le faire condamner. Il est libre! Libre, mais partiellement soulagé, car ses compagnons de détention ont entendu la confirmation des accusations qui pèsent sur eux. Pour le pasteur Hassan Kodi Taour, l'étudiant Abdulmonem Abdumawla et le travailleur humanitaire de nationalité tchèque Petr Jasek, l'épreuve se poursuit.

Arrêtés en décembre 2015, les quatre chrétiens ont été accusés d'avoir diffamé le gouvernement en utilisant le cas d'Ali Omer, personnage clé de cette affaire. Ce dernier a été interrogé le 12 décembre seulement sur ses liens avec les accusés. Ali Omer a attesté qu'il avait subi de sérieuses brûlures au cours d'une manifestation anti-gouvernementale à l'université Omdurman au milieu de l'année 2015. Comme son état nécessitait des soins médicaux réguliers, son ami Abdumawla a récolté de l'argent, notamment auprès du pasteur Taour, pour couvrir les frais. Quant à Jasek, il avait pris des photos de la situation.

Les services du Renseignement ont porté de graves accusations contre eux pour avoir aidé Ali Omer, telles que «encouragement à la rébellion contre l'Etat, incitation à la haine sociale, propagation de fausses informations, espionnage et complicité d'action criminelle».

Détenus séparément, sans aucun contact avec leur famille, les quatre chrétiens ont comparu pour la première fois le 21 août 2016 devant le tribunal.

Les audiences ont été ajournées maintes fois en l'absence d'un témoin, d'un traducteur, d'un juge… Le procès est suivi de près par des observateurs occidentaux. Début octobre 2016, le Parlement Européen avait adopté une Résolution d'urgence, appelant à «la libération immédiate et inconditionnelle des quatre hommes dont les accusations mettent en lumière la souffrance des chrétiens au Soudan».

Avec son régime islamique totalitaire, le Soudan est l'un des pays où les chrétiens sont le plus opprimés et privés de liberté.

(Photo: Les pasteurs Kuwa Shamal, à gauche, et Hassan Kodi Taour)