07.10.2016 /
République centrafricaine
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République centrafricaine: Les attaques de la Séléka ont fait 27 morts

Dans la nuit du 15 septembre, les rebelles de la Séléka ont mené une série d'attaques meurtrières au nord du pays, faisant 27 victimes. Les participants d'un séminaire de formation organisé par Portes Ouvertes ont été menacés de mort.

Notre collaborateur conduisait un séminaire pour responsables d'églises à Kaga Bandoro (350 km au nord de Bangui). Il a frôlé la mort et est encore sous le choc: «Des combattants de la Séléka ont fait irruption dans l'église où se tenait notre séminaire et s'en sont pris aux participants. Ils ont d'abord frappé les 15 pasteurs qui logeaient là, puis ils leur ont ordonné de s'allonger face contre terre en les menaçant de mort: «Nous ferons tout pour en finir avec les chrétiens»! Mais l'un des combattants n'était pas d'accord et le groupe a finalement quitté les lieux, laissant les pasteurs traumatisés. Nous avons pu regagner Bangui sains et saufs, gardés par le Seigneur Jésus. Mais à Kaga Bandoro, nos frères souffrent.»

Les violences ont fait au moins 27 morts, en majorité des chrétiens. Parmi eux est Constantin, 43 ans et père de six enfants, abattu alors qu'il venait au secours de sa belle-sœur. Plusieurs assaillants ont opéré dans les villages alentours, tuant des habitants et pillant les églises.

D'après notre collaborateur, il existe trois raisons qui ont provoqué ces attaques meurtrières:

• Les rebelles de la Séléka considèrent Kaga Bandoro comme la capitale de leur république auto-proclamée, la «République de Logone», où ils se donnent le droit de tuer les non-musulmans.• Ils sont furieux contre le personnel hospitalier local, qui n'a pas pris suffisamment soin d'un de leur camarade blessé dans un accident.• Les Anti-Balaka se sont enfuis en apprenant que les membres de la Séléka n'avaient pas été désarmés, laissant la population à la merci des représailles.

Après deux années de guerre civile, les représentants des groupes armés, des partis politiques et de l'Eglise avaient signé un accord de paix le 10 mai 2015. Mais des poches de résistance subsistent.

(Photo: Réunion chrétienne à Bossangoa, RCA)