24.07.2015 /
Pakistan
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Pakistan: Une dernière chance pour Asia Bibi

Dans leur séance du 22 juillet, les trois juges de la Cour Suprême d'Islamabad ont décidé d'examiner le recours interjeté par l'avocat de la chrétienne Asia Bibi.

Ce recours a un effet suspensif de la peine de mort pour blasphème à laquelle a été condamnée Aasiya Noreen, plus connue sous le nom d'Asia Bibi (photo). Tant que la Cour Suprême n'a pas fait connaître sa décision, l'accusée ne peut être exécutée.

Les commentateurs ont, dans leur grande majorité, salué le courage de la Cour Suprême d'examiner ce cas malgré une très forte opposition, tant de la population que des partis politiques les plus extrémistes. Certains n'ont pas hésité à qualifier cette décision de «jour historique pour le Pakistan».

Rappel des faits: Le 7 novembre 2010, Asia Bibi, 50 ans, a été la première femme à être condamnée à mort pour blasphème contre Mahomet, selon l'article 295C de la loi pakistanaise.

Alors qu'elles étaient aux champs, une femme musulmane avait refusé de l'eau servie par Asia au prétexte qu'elle était impure parce que servie par une chrétienne. Elle a ensuite prétendu qu'Asia lui aurait demandé si Mahomet avait vraiment enseigné de telles choses, et qu'auquel cas, elle n'avait nul besoin d'un tel prophète. Asia, la plaignante et sa sœur étaient les seuls témoins de l'incident.

Asia Bibi a été arrêtée au cours de l'été 2009 et placée en détention dans la prison de haute sécurité du District de Sheikhupura, à 35 kilomètres au nord-ouest de Lahore. Elle est aujourd'hui détenue à la prison pour femmes de Multan.

Loi controversée: Les accusations de blasphème ne sont pas rares au Pakistan. Elles sont souvent utilisées pour des vengeances personnelles, dans le but d'éliminer un ou une concurrente ou pour exercer une pression sur un groupe minoritaire.

Quinze chrétiens pakistanais sont actuellement sous le coup d'une accusation de blasphème et passibles de la peine de mort. L'un d'eux, Sawan Masih, aurait prétendument tenu des propos blasphématoires durant une conversation avec un ami musulman en mars 2013. Des émeutes avait suivi cette accusation et des centaines de maisons avaient été pillées et incendiées dans le quartier chrétien St-Joseph à Lahore où il résidait.