09.10.2015 /
Pakistan
/ news

Pakistan: 23 cas de blasphème évités en deux ans

L'intervention du All Pakistan Ulema Council (APUC), un comité influent de responsables religieux musulmans, a permis d'empêcher que 23 chrétiens soient lynchés ou traînés en justice sur de fausses accusations de blasphème.

C'était en mars 2013. Pendant deux jours, une foule d'environ 2000 musulmans en colère avait saccagé et incendié 112 maisons dans l'enclave chrétienne de Joseph Colony, près de Lahore. A l'origine des violences, la rumeur selon laquelle un chrétien aurait offensé le prophète Mahomet (notre Newsmail du 15.3.13).

Par son ampleur, cet événement a démontré combien la loi sur le blasphème avait des conséquences désastreuses sur les chrétiens. Le débat sur la façon dont cette loi est instrumentalisée pour nuire à des innocents a été relancé.

Après ces terribles événements, des discussions entre l'APUC et des représentants de la communauté chrétienne ont été organisées. Grâce à celles-ci, 23 cas de «blasphème» ont pu être réglés par la police avant que des violences ne se déchaînent contre les chrétiens.

Parmi ces 23 cas, celui de Saleem Masih. Le 16 septembre, une lettre anonyme arrivée au poste de police de Changa Manga affirmait que ce chrétien avait brûlé des pages de la Bible et du Coran. «Les voix doivent se lever contre ce blasphémateur!», disait la lettre. Après investigations, les policiers ont découvert que le véritable mobile de cette lettre était d'expulser Saleem de son domicile.

Ces avancées sont encourageantes. Cependant, les chrétiens faussement accusés de blasphème restent la cible d'extrémistes prêts à faire justice eux-mêmes. Ils n'ont alors plus d'autre choix que de quitter leur village et de trouver d'autres moyens pour subvenir aux besoins de leur famille.

Asia Bibi vit cette injustice depuis six ans dans la solitude de sa prison. Des extrémistes ont promis de l'abattre si elle était libérée.

(Photo: Garder la Parole et rester vigilant, priorité vitale pour les chrétiens du Pakistan.)