01.04.2015 /
Nigeria
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Nigeria: soulagement après les élections

Tout le monde s'attendait à une vague de violence, voire une véritable guerre civile après les élections présidentielles. Remercions Dieu, car elle n'a pas eu lieu.

Le Nigeria attendait fébrilement le nom de son nouveau président, dans la crainte d'une flambée de violence. Les chrétiens du Nord, en particulier, s'attendaient à être de nouveau la cible de persécutions. Mais pour la première fois, l'alternance démocratique s'est déroulée dans la paix et le chaos pressenti n'a pas eu lieu.

Pendant la période pré-électorale, les deux camps ont joué sur la peur de l'autre et la campagne a clairement attisé les divisions. Mais surprise ! À l'issue du scrutin, le président sortant Jonathan a reconnu sa défaite et a transmis ses vœux personnels au nouveau président Buhari. Celui-ci a promis de rompre avec la passivité vis-à-vis de Boko Haram et de lutter contre un autre mal endémique : la corruption.

Des milliers de chrétiens déplacés dans le Nord-Est n'ont pas pu voter. Spoliés et pourchassés ils ont dû fuir en masse vers le Cameroun voisin. Dans la ville de Damasak, à la frontière du Niger, 500 enfants manquent à l'appel, probablement enlevés par les terroristes de Boko Haram, comme les 237 lycéennes de Chibok il y a tout juste un an. Quatre d'entre elles, qui avaient réussi à fuir peu après leur arrivée dans un camp, ont dénoncé les viols quotidiens, les sévices et même les exécutions de jeunes filles qui refusaient de renier leur foi chrétienne.

Selon l'institut de sondage Gallup International, 1 % de la population seulement se déclare athée. Mais le Nigeria, géant démographique de 173 millions d'habitants, est coupé en deux : le Sud à majorité chrétienne s'oppose au Nord où domine la population musulmane. En cette période de Pâques, les chrétiens du Nigeria espèrent voir la paix ressusciter leur pays.Légende photo : Beaucoup s'étaient mis à l'abri d'éventuelles violences.