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En 2021, le Myanmar est en proie à des troubles politiques et il semble que tout soit au point mort, notamment les services de santé, l'éducation et les institutions industrielles.

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ActualitéMyanmar (Birmanie)

Myanmar : encore un pasteur assassiné

Les chrétiens des zones rurales sont régulièrement victimes d'agressions violentes.


Le 14 septembre 2026, Dal Thawn Tuang a été abattu dans le village de Lamzang (État de Chin). Il y exerçait la fonction de pasteur assistant. Cette agression constitue un nouveau coup dur pour la communauté chrétienne de la région et a ravivé les inquiétudes quant à la sécurité des pasteurs et des responsables d'églises qui œuvrent au cœur du conflit qui sévit actuellement au Myanmar.

Les circonstances exactes du décès restent floues

Les circonstances de la mort violente de Dal Thawn Tuang restent controversées. Certains habitants ont rapporté que des prisonniers de guerre évadés auraient tiré sur des civils alors qu’ils traversaient le village de Tedim. Le pasteur aurait été tué et d’autres personnes blessées lors de cette attaque. D'autres habitants ont en revanche affirmé que des groupes armés étaient responsables de sa mort. Il est donc difficile de déterminer si le pasteur a été victime d'un attentat ciblé. Cet incident a renforcé le sentiment d'insécurité chez les chrétiens vivant dans la région. Cela vaut tout particulièrement pour tous les pasteurs de l’État de Chin, un état peuplé majoritairement de chrétiens. En 2024 et 2025, Dal Thwan Tuang avait participé à une réunion de responsables ainsi qu’à une formation de préparation à la persécution, organisées par des partenaires locaux de Portes Ouvertes.

L'armée fait disparaître des chrétiens

La mort du pasteur Dal Thawn Tuang n'est pas un cas isolé. Le 16 mai 2026, des soldats ont arrêté le pasteur William et un autre habitant du village, Nam Ceu. Les deux hommes se trouvaient, avec trois autres personnes, dans une cabane située dans un champ à environ un kilomètre et demie du village de Chungcung. Alors que les trois autres ont réussi à s'enfuir, le pasteur William a décidé de rester; il pensait que son statut de pasteur le protégerait. Mais les soldats l'ont placé en détention, ainsi que Nam Ceu. Après que l’incident eut été rendu public, des responsables chrétiens s’étaient adressés à plusieurs reprises aux autorités militaires compétentes afin d’obtenir des informations sur le sort des deux hommes. Selon certaines informations, les autorités n’auraient pas répondu à ces demandes. Leurs familles ont par la suite conclu que les deux hommes avaient été tués le 3 juin 2026 à Thantlang. Selon des observateurs, le pasteur William aurait été accusé d’avoir soutenu la milice «Hakha Chinland Defense Force» (CDF). Cette accusation aurait vraisemblablement conduit à son assassinat.

Des attaques répétées contre des pasteurs et des églises

Depuis le coup d'État militaire de février 2021, le Myanmar est en proie à une guerre civile. L'idéologie défendue par le gouvernement militaire associe étroitement les idées nationalistes à l'objectif de garantir et d'étendre la prédominance du bouddhisme. Cela se fait régulièrement au détriment des minorités ethniques et religieuses. Depuis 2021, plusieurs pasteurs et responsables chrétiens auraient trouvé la mort aux mains de l’armée ou dans le cadre des violences liées au conflit. Parmi eux figureraient, selon certaines informations, le pasteur Cung Biak Hum et le pasteur Om Kee (tués en 2021), le prêtre catholique Saw Radi (tué en 2023 dans l’État de Karen) ainsi que le pasteur Salai Ngwe Kyar (tué en 2025).

Les églises et les institutions religieuses continuent également d’être la cible d’attaques, notamment de frappes aériennes. Ces incidents ont renforcé l’inquiétude des pasteurs, des missionnaires et des évangélistes, tout en limitant la marge de manœuvre dont disposent les églises pour servir librement leurs communautés. L'État de Chin, dont la majorité des habitants sont chrétiens, reste l'une des régions les plus touchées par le conflit.

Win Tin*, un partenaire local de Portes Ouvertes, rapporte : «La situation au Myanmar ne montre aucun signe d’amélioration, et les conditions de sécurité sont extrêmement préoccupantes. Les pasteurs et les responsables d’églises sont soumis à des fouilles minutieuses et interrogés aux postes de contrôle militaires. Nous avons besoin de prières, d’encouragements et de courage pour relever les défis qui nous attendent.»

L’index mondial de persécution 2026 place le Myanmar au 14ᵉ rang des pays dans lesquels les chrétiens sont le plus persécutés en raison de leur foi.

*Nom modifié pour des raisons de sécurité