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Je renonce à la vengeance

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RéflexionEurope

Je renonce à la vengeance

Que faudrait-il pour que nous allions voir le chef militaire d'une organisation islamiste ? Le ferions-nous seulement ? Ou pensons-nous plutôt qu'une discussion serait impossible dès le départ, car il est prisonnier de sa haine ?

Frère André n'a pas seulement rendu visite à des chrétiens dans les pays islamiques, mais aussi à des «terroristes» ou à d'autres «ennemis» des chrétiens. Il a ainsi rencontré, entre autres, le cheikh Fadlallah, alors chef spirituel du Hezbollah, à qui il a remis une bible, Yasser Arafat, chef de l'OLP (photo), à qui il a offert une bible pour enfants pour sa fille, et le cheikh Yasin, l'un des fondateurs du Hamas. Il lui a également offert une bible.

Pourquoi le directeur d'une œuvre chrétienne s'est-il exposé à un tel danger ? «Vous ne pouvez jamais gagner un ennemi pour le Christ. Tant que nous considérons quelqu'un comme un ennemi, l'amour de Dieu ne pourra pas lui parvenir.» Frère André avait compris en quoi la foi chrétienne se distingue de toutes les autres religions et visions du monde. C'est une caractéristique unique qui nous rappelle sans cesse notre dépendance à l'égard de l'œuvre de Dieu :

Vous avez entendu qu'il a été dit : «Tu aimeras ton prochain» et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux. Jésus, dans Matthieu 5 :43-45.

Aimer et pardonner

Dieu lui-même a donné l'exemple de cet amour : il nous a aimés alors que nous étions encore ses ennemis (Romains 5 :10). Par la mort de Jésus sur la croix, il nous a accordé le pardon qui a rétabli notre relation avec lui.

Parce que Jésus-Christ a porté notre culpabilité, Dieu a renoncé à nous condamner. Comme il nous a d'abord pardonné, nous devons aussi pardonner à ceux qui nous ont offensés (Matthieu 18 :21 et suivant).

Nos frères et sœurs persécutés font l'expérience que la force de pardonner ne vient pas d'eux-mêmes, mais qu'elle leur est donnée par le Saint-Esprit. Il n'y a pas d'autre explication au fait que Susanne Geske ait pu pardonner aux auteurs du meurtre de son mari en Turquie en 2007, dès le lendemain de celui-ci:

«Je renonce à la vengeance», a-t-elle déclaré publiquement.

Le pardon est l'expression la plus forte de l'amour de ses ennemis. Cela ne rend pas l'acte moins odieux ou oublié. Mais celui qui pardonne redevient libre de rencontrer l'autre personne sur un pied d'égalité et de la voir comme une créature aimée de Dieu. C'est avec ce regard que Frère André s'est approché de ces puissants hommes musulmans. Et c'est avec ce regard que nous pouvons, avec l'aide du Saint-Esprit, nous approcher de ceux qui nous rendent la vie difficile.