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Malgré l’élimination de ses plus hauts dirigeants, la République islamique d’Iran, affaiblie mais toujours au pouvoir, recourt à la répression de sa population pour le conserver. Les chrétiens, qui représentent 1 % de la population, espèrent en Dieu comme avant la guerre, alors qu’ils étaient arrêtés et emprisonnés en nombres par le régime d’Ali Khamenei.
«Le bruit des bombardements est très fort; nous les entendons clairement et de manière continue. Même si nous savons que les missiles ne visent pas les civils, nous avons peur d’être touchés et blessés», confie un chrétien iranien lors d’un bref appel téléphonique international.
Actuellement, les chrétiens évitent de se réunir par crainte d’une vague d’arrestations et de nouvelles détentions. Les jours de deuil national ont également empêché beaucoup de personnes de se rendre au travail, et ceux qui vivent dans les zones bombardées restent chez eux.
La priorité de nombreux chrétiens d’Iran est d’obtenir régulièrement des nouvelles de leurs proches et de leurs familles, disséminées dans le pays: «Quel soulagement d’entendre enfin la voix de nos sœurs et de nos frères [en Christ] après neuf jours de silence», confie un partenaire qui a récemment réussi à avoir de brefs appels avec plusieurs personnes en Iran. «Ils sont en sécurité.»
Un élan d’unité mêlé d’espoir soude actuellement la population iranienne. «Même si cela s’accompagne de chagrin et de souffrance, nous voyons le sol de notre nation être labouré. Nous sommes également reconnaissants de l’unité et de l’esprit de compassion et de solidarité qui règnent parmi la population», confie un chrétien iranien, «dans des régions où l’on s’est efforcé pendant des années de semer la division, certains aspects de notre culture sont aujourd’hui en train d’être restaurés.»
Dans le même temps, les difficultés économiques s’aggravent à travers l’Iran et touchent profondément les communautés que l’Église sert. De nombreuses familles luttaient déjà contre l’inflation et la pauvreté avant l’escalade du conflit. Les croyants répondaient à ces besoins en fournissant des produits de première nécessité, comme de la nourriture et une aide médicale. Cependant, la situation s’est aggravée, et beaucoup ont perdu leurs moyens de subsistance. L’Église continue de partager l’amour et l’espérance par des actes de service, mais les besoins ont considérablement augmenté.
Des informations indiquent que des gardiens ont abandonné certaines parties de la prison d’Evin, provoquant le chaos et une pénurie de ressources. Plusieurs prisonniers chrétiens s’y trouvent actuellement incarcérés. Un chrétien emprisonné a réussi à faire parvenir un message disant qu’ils survivaient avec du pain et de l’eau, devenus rares.
«La mort de l’ayatollah Ali Khamenei marque un tournant important et qui donne à réfléchir dans l’histoire de l’Iran. En tant que chrétien iranien, je ne peux ignorer que, sous son autorité, l’Église en Iran a vécu pendant des décennies sous une pression intense, confrontée à des restrictions, à la surveillance, aux arrestations et au poids constant de l’incertitude. De nombreux fidèles ont enduré des souffrances simplement pour avoir suivi le Christ. Pourtant, même dans l’adversité, l’Église est restée résiliente, pieuse et profondément enracinée dans l’espoir. Ce moment n’est pas une question de vengeance ou de triomphe, mais de la possibilité d’un avenir différent. Un avenir où la liberté de conscience, la dignité et la justice s’étendent à tous les Iraniens, indépendamment de leur foi ou de leurs origines. Je prie pour que ce tournant ouvre la voie à la paix, à la réconciliation et à une véritable liberté pour notre nation», analysait un partenaire de Portes Ouvertes, spécialiste de l’Iran.
L'Iran occupe la 10e rang de l’Index mondial de persécution 2026 établi par Portes Ouvertes. Le mois dernier, Portes Ouvertes a publié, en collaboration avec d'autres organisations, un rapport sur la situation des chrétiens en Iran, qui alertait sur la forte augmentation des arrestations de chrétiens en 2025. Si cette préoccupation est passée en second plan avec l’arrivée de la guerre, elle souligne l’intransigeance de la République islamique d’Iran à l’égard des chrétiens convertis de l’islam.
Près de deux fois plus de chrétiens en Iran ont été arrêtés l’an dernier pour des accusations liées à leurs croyances ou à leurs activités religieuses qu’en 2024. C’est l’une des conclusions de « Scapegoats» («Boucs émissaires»), ce rapport sur les violations des droits visant les chrétiens d’Iran, publié le mois dernier, qui est le fruit d’une collaboration entre Portes Ouvertes, Article18, CSW et Middle East Concern.
Outre l’augmentation des arrestations, d’autres tendances inquiétantes ont été observées l’an dernier: