18.09.2015 /
Inde
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Inde: Violences et loi anti-conversion

Alors qu'un sixième Etat de l'Inde s'apprête à adopter une loi anti-conversion, les chrétiens sont la cible d'attaques répétées ces dernières semaines.

Après les Etats de Madhya Pradesh, Chhatisgarh, Odisha, Gujarat et Himachal Pradesh, le Maharashtra sera-t-il le sixième Etat indien à introduire une loi anti-conversion? Alors que la question est débattue, pas moins de 18 faits violents à l'encontre des chrétiens et des églises ont été recensés dernièrement dans ces Etats.

La loi anti-conversion orchestrée par les nationalistes hindous du parti BJP stipule que nul ne doit changer de religion par la force, la séduction ou des moyens frauduleux. Toute conversion doit être signalée aux autorités. Cette loi très restrictive vise à interdire la propagation de la foi chrétienne. Car il est chose facile pour les extrémistes hindous de présenter tout travail social des chrétiens comme une incitation à se tourner vers la foi chrétienne. Une simple plainte en vertu de cette loi suffit pour obtenir l'arrestation d'un pasteur ou d'un chrétien qui témoigne de sa foi. Ainsi, dans ces Etats justement, 14 pasteurs et des dizaines de chrétiens ont été agressés, parfois mortellement, ces deux derniers mois, en toute impunité.

Pramod Singh, président de l'Association juridique des chrétiens en Inde dénonce une volonté de contrôle sur la population: «Un des objectifs de cette loi est d'empêcher la conversion massive des Dalits («intouchables»), qui sont mis au ban de la société. Un décret de 1950 prévoit que les Dalits qui se convertissent au christianisme perdent leurs prestations sociales. Malgré tout, les Dalits représentent 70 % des chrétiens en Inde. Au Kerala, un Etat à forte population chrétienne au sud de l'Inde, un tribunal a récemment statué que si les chrétiens Dalits revenaient à l'hindouisme, ils retrouveraient ces prestations. Pour eux, la justice demeure un rêve lointain!»

(Photo: Rue de Nagpur, au Maharashtra)