19.06.2015 /
Inde
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Inde: La présence des ONGs chrétiennes menacée

A peine un an après l'élection du Premier ministre Narendra Modi, une grande incertitude règne au sein des organisations non-gouvernementales et chrétiennes d'aide humanitaire. En début d'année, elles ont déposé leur demande de renouvellement de licence et sont toujours en attente d'une réponse de la part des autorités.

Au cours de la première année du mandat de Modi, les actes de violence contre les chrétiens se sont multipliés: des communautés ont été attaquées pendant leur culte, des pasteurs ont été battus, des commerces de chrétiens ont été boycottés, des ouvriers agricoles n'ont plus été embauchés. Dans la plupart des cas, la police n'est pas intervenue, les autorités ont refusé d'enregistrer la plainte et les coupables n'ont pas été appréhendés.

Un autre aspect de la discrimination, venant de la part des autorités, se fait aussi sentir. En effet, depuis le début de l'année, la licence FCRA (Foreign Contribution Regulation Act) a été refusée à 13'000 ONGs financées par des fonds étrangers. Ce qui frappe, c'est le nombre élevé d'organisations chrétiennes d'aide humanitaire visées par cette mesure. L'autorisation en question régularise le transfert des finances envoyées depuis l'étranger aux organisations caritatives qui œuvrent en Inde. Sans cette licence, les ressources provenant de l'étranger ne peuvent être utilisées pour financer les projets sur place.

Nombre de responsables chrétiens voient dans ces restrictions la crainte des autorités que le seul but de l'engagement social et humanitaire des ONGs étrangères soit la propagation de la foi chrétienne. C'est aussi l'avis que Mohan Bhagwat, président du parti hindou nationaliste RSS (Rashtriya Swayamsevak Sangh), a exprimé en février dernier en commentant l'œuvre de Mère Teresa: «Le service de Mère Teresa aurait été bien. Mais il ne poursuivait qu'un seul but: servir les gens pour les convertir au christianisme.»

A l'occasion du jour anniversaire de l'élection de Modi, le 26 mai, Roger Gaikwad, secrétaire général du «National Council of Churches in India», une coalition d'églises orthodoxes et protestantes, a dit: «Nous n'avons rien à célébrer. Au contraire, nous avons toutes les raisons de nous inquiéter. Cette première année sous Modi n'augure rien de bon pour les quatre ans à venir. C'est un grand défi pour les minorités (religieuses) dans le pays!»

(Photo : Des milliers de chrétiens manifestent après l'incendie criminel de l'Eglise St. Sebastian à Delhi, en décembre 2014.)