13.10.2017 /
Egypte
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Egypte: Traquées, enlevées, converties et mariées de force

Les filles chrétiennes coptes sont la cible des extrémistes islamiques. Une stratégie qui vise à renforcer l'islam et affaiblir le christianisme en Egypte.

Le 28 juin dernier, des parents cherchent en vain leur fille à travers le village de Balansora, dans la province de Minya en Haute-Egypte. Marilyn, 16 ans, reste introuvable. Ce soir-là, ses parents désespérés réalisent que l'«amoureux» de leur fille était en fait son ravisseur, connecté à un réseau extrémiste islamique.

Gyasi* a fait partie d'un tel réseau avant de quitter l'islam. Il décrit la stratégie: «Les ravisseurs potentiels surveillent de très près les maisons des chrétiens. L'un d'eux déclare son amour à leur fille et lui dit qu'il veut se convertir au christianisme. Il entretient une relation romantique jusqu'au jour où il convainc la fille de s'enfuir avec lui. Elle ignore qu'elle est enlevée pour être mariée à un autre homme. Le ravisseur opère parfois avec la complicité de policiers corrompus et reçoit une importante somme d'argent des extrémistes. La jeune fille est cachée jusqu'à sa majorité et pressée de se convertir à l'islam. Sa nouvelle religion est inscrite sur sa carte d'identité, après quoi elle est mariée à un extrémiste musulman. Si elle tente de s'enfuir, elle est tuée. Le pire, c'est que des filles sont envoyées comme «domestiques» dans la péninsule arabique où elles sont abusées.»

Après 92 jours, le cauchemar pour Marilyn et ses parents a pris fin lorsque la police l'a libérée et ses ravisseurs ont été arrêtés. Son père Khalaf raconte qu'elle n'a pas été bien traitée, mais qu'elle est simplement très heureuse d'être à nouveau avec sa famille. «Nous remercions Dieu pour l'exaucement de nos prières et de celles de nombreuses autres personnes», ajoute-t-il. «Et nous remercions tous les policiers du poste de police qui nous ont beaucoup aidés pour la libération de notre fille Marilyn. Nous apprécions tous leurs efforts.»

Mais beaucoup de jeunes filles coptes enlevées ne retournent jamais vers leurs parents. Le pasteur Sekani* a décidé de prendre le taureau par les cornes: «Parce que je défends la cause de ces filles kidnappées, j'ai reçu des menaces. Mais je ne crains personne, sauf Dieu. En dix ans de lutte acharnée, seules huit filles ont été rendues à leur famille», dit-il.

A l'église locale, une personne est chargée d'avertir les filles des risques d'enlèvement. «Ensemble, nous parlons ouvertement du problème. Ce travail de prévention est très important. Ces filles apprennent à situer les limites des relations, notamment avec les jeunes hommes. Surtout, je leur fais découvrir leur valeur en Christ. Avec une meilleure estime d'elles-mêmes, elles seront moins vulnérables.»

* Prénoms d'emprunt

(Photo: Jeune fille égyptienne de famille chrétienne)