11.08.2017 /
Colombie
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Colombie: 300 chamanes unis contre la foi chrétienne

Un rassemblement de 300 chamanes pour lutter contre la foi chrétienne rappelle la persécution des chrétiens indigènes d'arrière-plan animiste en Colombie. Des partenaires de Portes Ouvertes ont récemment été informés de cette rencontre.

Année après année la persécution à l'encontre des chrétiens augmente dans les territoires indigènes de Colombie. Dans un contexte de persécution sévère, la communauté indigène du sud du pays est déjà confrontée à l'augmentation inquiétante dunombre de maladies engageant parfois le pronostic vital des enfants.

Plusieurs ethnies indigènes peuplent la Colombie, comme les Arhuacos, les Kogis, les Wiwas, les Kankuamos situés dans le massif montagneux de la Sierra Nevada de Santa Marta. Elles ont des langues, des coutumes différentes mais partagent une profonde aversion à l'encontre du christianisme.

L'un des responsables indigènes d'une ethnie du nord de la Colombie explique: «Beaucoup de garçons n'assistent plus à nos cérémonies, ils n'écoutent plus les Mamos (guides spirituels traditionnels), ils ne veulent plus pratiquer nos rites chamaniques, ils ne veulent plus parler nos langues traditionnelles ou remplir les obligations pratiques de la communauté.»

Les enfants indigènes chrétiens sont souvent forcés de pratiquer les rites traditionnels chamaniques. Lorsqu'ils refusent, ils peuvent se mettre en danger. Leurs parents peuvent être torturés et perdre leur terre. Jonathan* (15 ans) et Samuel* (14 ans) font partie de la tribu des Arhuacos, ils expliquent: «D'où nous venons, personne ne peut vivre sa foi chrétienne, il est interdit de lire la Bible.» Le père des deux jeunes a renoncé à devenir chrétien devant l'intimidation des autorités. S'il l'avait fait, il aurait pu être arrêté, banni, et sa famille aurait été livrée à elle-même. Ces derniers mois, cela est arrivé à plusieurs parents.

Jonathan et Samuel sont désormais hébergés dans un centre mis en place par les partenaires de Portes Ouvertes. Là, ils peuvent conserver leurs habits traditionnels, exprimer leur langue natale et même l'enseigner à leurs camarades. Ils participent aussi à des temps de louange, de méditations et d'étude de la Bible.

La persécution des chrétiens par les autorités indigènes n'est pas nouvelle. Déjà en 1998, un article a été publié dans le quotidien «El Tiempo». Il rapportait la fermeture d'églises dans les territoires indigènes du nord de la Colombie.

(Photo: Une hutte traditionnelle de l'ethnie des Kogis)

* Prénoms d'emprunt