Face à Face, une réflexion biblique

Pourquoi s'intéresser à l'Eglise persécutée?

«Si une partie du corps souffre, toutes les parties souffrent avec lui». (1 Corinthiens 12:26a)
Sais-tu que plus de 100 millions de chrétiens sont persécutés ou discriminés dans de nombreux pays?
Ce verset nous encourage à penser et à soutenir les chrétiens qui payent un prix pour leur foi en Jésus-Christ.
Il est impératif que nous les soutenions dans leur combat. En effet, leur vie aussi bien spirituelle que physique est touchée par tes prières et tes actions de soutien peuvent changer leur situation.

Il existe de nombreuses raisons de s’intéresser à leur sort, l’une d’entre elles est que les chrétiens persécutés désirent nous partager leurs trésors! En effet, leur connaissance toute particulière de Dieu, de sa Parole, de la vie de disciple et de prière, sont de véritables trésors. Les relations que nous pouvons entretenir avec eux, ne se limitent pas à notre aide. Au contraire, nous pouvons ouvrir notre cœur et nous laisser toucher par l’authenticité de leur témoignage et finalement être transformés.

N'y a-t-il vraiment personne?

Je crois que l'humanité entre dans la période la plus triste de son histoire. Quarante-deux conflits armés sont en cours actuellement, dont 90% des victimes sont des civils: des personnes âgées, des femmes et des enfants. Des millions d'êtres viennent grossir le flot des réfugiés, et les pays riches ferment leurs frontières.

Le conflit du Proche Orient se fait toujours plus violent et aucune des parties concernées ne propose de solution satisfaisante. Un continent entier, l'Afrique, semble en voie de perdition, en proie à la haine, à la famine, au sida, aux guerres tribales, au nationalisme. L'esprit matérialisme a étouffé le don de compassion dans le cœur des pays riches et a éteint la passion missionnaire des Eglises.
La situation parait sans issue. Sur mon bureau, des rapports récents parlent du sort de deux cents millions d'enfants esclaves. Dans des pays à bas salaires, on les force à travailler depuis tôt le matin jusque tard le soir, sept jours sur sept, dans des fabriques de vêtements ou de composants d'ordinateurs. (…) 
Ces millions de personnes, privées de toute joie, privées de leur avenir, privée de la chaleur d'une famille ou d'une Eglise, le prophète Esaïe en a déjà parlé: "Il ont été mis au pillage, et personne qui les délivre! Dépouillés, et personne qui dise: Restitue!" (Esaïe 42:22).
La phrase la plus triste de l'Ecriture est sans doute ce cri du psalmiste: "Personne qui me reconnaisse… personne qui se soucie de ma vie" (Psaumes 142 :5). Combien de millions de personnes subissent-elles le même sort aujourd'hui? (…)

N'y a-t-il vraiment personne?
Non, personne… à moins que nous ne revenions à la Parole de Dieu et aux prophètes. Mais lorsqu'Elie a dit ses quatre vérités à une nation indifférente, oublieuse de Dieu comme nous le sommes aujourd'hui, "le peuple ne lui répondit rien". La majorité silencieuse, toujours elle, ne se laisse pas émouvoir par un million de S.O.S., ni par l'amour de Dieu, et ne tremble pas devant sa parole. Personne ne répondit.
Mon cœur crie à Dieu: je ne veux pas être "personne". Je veux que ma vie ait une valeur pour les autres. Je veux consoler et affermir le reste, qui est près de mourir (Apocalypse3 :2). Je veux partager avec les autres ce que je suis et ce que j'ai.
Frère André

La foi comme un muscle

Beaucoup croient que notre foi grandirait mieux dans des conditions favorables 

 

Nous nous réjouissons même dans nos souffrances, car nous savons que la souffrance produit la patience, la patience produit la résistance à l'épreuve et la résistance l'espérance. Cette espérance ne nous déçoit pas. Romains 5. 3-5

Beaucoup croient que notre foi grandirait mieux dans des conditions favorables, sans que nous ne rencontrions de résistance, sans devoir subir ni tribulation ni épreuve.

Mais cela ne se passe pas ainsi. 
Les chrétiens de mon pays ont aussi souvent pensé qu'ils seraient de meilleurs croyants, consacrés et fidèles, s'ils pouvaient vivre dans un pays où la liberté religieuse existe. Ils font une grossière erreur. La foi, comme un muscle, ne grandit que lorsqu'elle est exercée. Le manque d'activité, le calme, l'absence de lutte peuvent être plus dangereux pour notre foi que la persécution. Les difficultés éveillent en nous le sentiment de ce que nous sommes réellement; cela nous aide et nous contraint à nous en remettre à Dieu.

Une église sans aucune lutte, sans épreuve ni persécution, peut facilement s'endormir, tomber dans l'inaction et alors perdre la victoire; parce que pour remporter cette dernière, il faut qu'il y ait une lutte.

La vraie foi n'a pas toujours besoin de circonstances idéales de paix et de prospérité. La vraie foi a besoin parfois de conditions favorables (je dis bien favorables) de persécution et d'épreuves. C'est le message de Paul dans Romains 5 et c'est aussi son expérience. Et par la grâce de Dieu, c'est aussi la mienne. En conséquence: Réjouissez-vous plutôt d'avoir part aux souffrances du Christ (1 Pierre 4. 13). 
Pasteur Andrès Noriega du Cuba

Tiré du livre : "Les Liens de la liberté", Edition LLB

En sécurité

En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera point. Marc 10. 15

 

C'était le début du mois de juin. La guerre venait d'éclater dans notre pays. Je devais me rendre en ville pour affaires et j'ai décidé d'emmener mon fils de cinq ans avec moi.

Tout à coup, une fusillade a éclaté. Les balles ont sifflé à nos oreilles. Les gens pris de panique se sont enfuis à toutes jambes vers des abris. Pour ma part, j'ai essayé de rester calme. Je ne voulais pas effrayer mon fils et j'ai prié, dans mon cœur, que Dieu nous couvre de sa protection.
Lorsque, après la tempête, tout est redevenu calme, j'ai interrogé mon fils pour m'assurer que tout allait bien :

- Yves, ça va? Tu as vu ce qui vient de se passer? 
- Oui, Papa. Les gens essaient de se tuer. 
- As-tu eu peur? 
- Bien sûr que non, puisque je serrais ta main.

Quelle confiance! Comme si mes mains pouvaient le protéger des balles!
Aujourd'hui, seize ans plus tard, la guerre fait toujours rage. Mais je n'ai jamais oublié ces mots tout simples prononcés par mon fils. Ils me rappellent toujours que si je mets ma main dans celle de mon Père, il n'y a aucune raison de me laisser envahir par la panique.

Lucien Accad (le père de Martin Accad)

Tenir ferme!

Simon, Simon! Ecoute: Satan a demandé de pouvoir vous secouer comme on secoue le grain pour le séparer de la paille. Mais j'ai prié pour toi, afin que la foi ne vienne pas à te manquer. Luc 22. 31-32

 

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Il se produisit quelque chose de dramatique lors de la seizième année de mon emprisonnement. Tous les prisonniers - chrétiens ou non - furent rassemblés pour une réunion d'auto-critique. On demanda à quelques bouddhistes de critiquer le bouddhisme; d'autres furent appelés à critiquer Confucius. On me demanda de critiquer le Christ. J'adressai une prière rapide à Dieu. Monsieur je ne peux ni critiquer ni renier mon Dieu. Il est le chemin, la vérité et la vie.

Critiquez, cria l'homme, cela vous fera du bien. Je pensai: serai-je libéré après seize ans au lieu des vingt ans à faire? Cela m'économiserait quatre années de travaux forcés. Mais alors la pensée suivante me vint: Si je critique Jésus-Christ pour sortir de prison quatre années plus tôt, J'aurai passé en vain seize années en prison. Je tremblais.

La liberté si proche, la tentation tellement réelle! Alors ce passage de l'Ecriture me vint à l'esprit: Ayez l'esprit éveillé, prenez garde! Car votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant quelqu'un à dévorer. Soyez fermes dans la foi et résistez-lui... (1 Pierre 5:8). Je pensai aussi à Pierre qui aimait se vanter et qui finalement tomba.

"Seigneur, soutiens ma foi!", criais-je. Si Pierre l'a renié trois fois, je pourrai facilement le renier trente fois, trois cents fois. Loué soit Dieu, il entendit ma prière. Pendant ces vingt ans de prison, je ne l'ai pas renié une seule fois, non pas parce que j'étais particulièrement fort, mais parce que le Seigneur m'a protégé. Que la louange lui soit rendue et à lui seul.

Pasteur Samuel Lamb

Tiré du livre : "Les Liens de la liberté" Edition LLB.

Le pardon

Recevoir le pardon d'accord! Moi pardonner… ?!
"Alors Pierre s'approcha de Jésus, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois." Matthieu 18:21-22 
Pardonner n'est pas un geste facile. Il nécessite d'accepter que tu aurais pu faire la même chose que celui qui t'a blessé. C'est pourtant une puissance qui te libère de la haine, du ressentiment, de l'amertume. Le pardon est un des plus beaux cadeaux que tu puisses offrir, il communique de manière puissante l'amour de Dieu.

Temoignage de Noviana
En Indonésie, le 29 octobre 2005, la jeune Noviana alors 15 ans, et ses trois amies se rendaient comme d'habitude au lycée chrétien de Poso aux Célèbes. Soudain, des hommes armés de machettes se sont précipités sur elles et les ont frappées. Seule Noviana s'en est tirée vivante, mais grièvement blessée à la joue et au cou. 
Depuis ce jour, elle avance sur le long et difficile chemin de la guérison. Elle porte les cicatrices de l'attaque et a subi de nombreuses opérations pour reconstruire son visage. Le souvenir de ces tragiques moments la hante encore. 
Noviana est retournée sur le lieu de la tragédie. Elle raconte: "tous les souvenirs me sont revenus à l'esprit: de mes amies et moi en train de parler et de rire, mais aussi les images de l'attaque. C'est difficile de pardonner, très difficile, mais le Seigneur nous a enseigné de pardonner à ceux qui nous ont offensés, même ceux qui ont essayé de me tuer. 
Encore maintenant je ressens parfois de la colère, mais ça m'aide de prier pour les meurtriers. Je prie que leur coeur s'ouvre à Dieu, qu'ils puissent se repentir de leurs péchés et ne plus jamais tuer. Plus tard, quand j'aurai une famille et des enfants, ils me poseront sans doute des questions au sujet de la cicatrice sur mon visage. Je leur dirai la vérité sur ce qui s'est passé. Mais je leur parlerai plus encore de la grâce de Dieu dans nos vies, que j'ai vécue moi-même".

Le chemin du pardon est un processus. Ce n'est pas juste une décision que l'on prend et la page est tournée. C'est davantage un cheminement. 
Tu peux découvrir l'histoire de Noviana dans le film "Le chemin du pardon".

Pourquoi Dieu veut-il que nous pardonnions?
Pardonner parce que Dieu nous a pardonné:
"C'est lui qui pardonne toutes tes fautes". Psaume 103:3

Pardonner parce que mon propre pardon dans le futur en dépend: 
"Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi; Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes". Matthieu 6:14-15

Pardonner parce que la guérison et la restauration en découlent:
La Néerlandaise Corrie ten Boom se remémorait régulièrement le camp de concentration de Ravensbruck et se rendit compte qu'elle avait beaucoup de peine à avoir une attitude chrétienne dans son coeur envers ses anciens gardiens nazis. Cela dit, où furent l'amour et le pardon dans un camp d'horreur dans lequel plus de 95'000 femmes ont trouvé la mort? Comment pouvait-elle oublier l'horrible cruauté des gardiens et la fumée qui sortait constamment de la cheminée du crématoire? 
Alors que Corrie prêchait dans une église à Munich en 1947, elle vit un des gardiens les plus cruels de Ravensbruck s'approcher d'elle après le culte. Il lui tendit la main et dit: "Je suis devenu chrétien. Je sais que Dieu m'a pardonné les cruautés que j'ai commises, mais j'aimerais l'entendre de votre part aussi. Mademoiselle, allez-vous me pardonner?". 
Un conflit tourmenta le coeur de Corrie: "Jésus, aide-moi. Je ne peux pas lever ma main. Je n'y arrive pas". 
Quand leurs mains se sont rejointes, la chaleur et la guérison se sont manifestées. Pleine de joie et de larmes, elle déclara: "Je te pardonne, frère, de tout mon coeur". 
Corrie se souvient que la puissance du Saint-Esprit déversa l'amour de Dieu dans son coeur.
Le pardon est un acte de foi. En pardonnant, je reconnais que la justice de Dieu est supérieure à ma propre justice.

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