07.02.2020 /
Yémen
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Yémen: «Je pensais que j’étais le seul chrétien du pays!»

Le Yémen serait-il un pays oublié? Les rares nouvelles qui filtrent parlent d’un peuple en proie à la guerre civile et au terrorisme. Sait-on seulement qu’il existe une Église yéménite?

«Quand je suis venu à la foi chrétienne, je pensais que j'étais le seul croyant au Yémen. Pendant longtemps, je n'ai pas connu d'autres chrétiens yéménites», confie Mohammed*, 44 ans. Pourtant, il a découvert que Dieu apporte un soin particulier à l'Église au Yémen et qu’il œuvre dans ce pays islamique très strict.

Mohammed a connu Jésus-Christ il y a dix-sept ans. «Un jour, j'ai acheté une bible par curiosité dans un magasin d’objets d'occasion. J'ai dû la cacher et la lire hors de la maison. La lecture de la Bible m’a mis à genoux, et je suis devenu un disciple de Jésus.» Il se souvient combien sa première rencontre avec un autre chrétien yéménite a été joyeuse. «Nous avons beaucoup ri ensemble. Plus tard, j'ai rencontré d'autres personnes. J’ai eu une formation et j’ai été baptisé. Peu de temps après, un autre croyant m'a demandé si je voulais me marier. Il connaissait Alima*, célibataire et non promise à un autre homme. Les chrétiens sont très rares au Yémen et Alima était musulmane. Nous nous sommes quand même mariés. Ma première prière à Dieu a été que ma femme reçoive aussi la foi. Il l’a exaucée!»

Le couple a créé des groupes de maison: deux pour les femmes, deux pour les hommes. «Nous restons séparés et chaque groupe ignore où se trouvent les autres personnes. C'est pour qu'il n'y ait pas de trahison si un groupe est découvert. La sécurité est très importante pour nous tous», explique Mohammed. Dans la famille d’Alima, personne ne sait qu’elle est chrétienne. «S’ils apprenaient notre conversion, leur réaction serait très forte. Ils nous enlèveraient certainement nos enfants. Ils pourraient même nous tuer», poursuit-il.

Pour les chrétiens, comme pour la majorité de la population, survivre dans une situation de guerre et de terrorisme est un combat de tous les jours. Trouver la nourriture quotidienne et du travail est un immense défi. Suivre une formation de disciple est problématique. Il leur est déjà difficile de trouver un endroit assez sûr pour lire la Bible, même sur leur téléphone portable.

«La seule chose à laquelle on peut s'attendre, c'est la persécution. Mais, dans la Bible, nous voyons comment Paul, à cause de la persécution, est allé de lieu en lieu et que le résultat final était une Église forte», constate Mohammed.

«Nous espérons que la parole de Dieu se répandra au Yémen. C'est notre prière quotidienne. Je vois l’'Église en train de grandir au Yémen. Certains jours, il y a plus de gens qui veulent me rencontrer que je ne peux en rencontrer. Nous entendons souvent parler de familles entières qui viennent à Christ», dit Mohammed avec un visage radieux.

* Prénoms d'emprunt