01.05.2020 /
Soudan
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Soudan: Peine de mort pour changement de religion bientôt abolie?

Le gouvernement de transition du Soudan prépare actuellement d’importantes réformes législatives dans le domaine de la liberté religieuse. Elles concernent, entre autres, la peine de mort prononcée en cas d’abandon de l'islam. La dissolution des «comités d'église» nommés par l'État est également prévue.

Le système juridique soudanais est basé sur la charia (loi islamique). L'article 126 du code pénal de 1991, actuellement en vigueur, prévoit la peine de mort pour l’abandon de l’islam. Le blasphème est aussi un délit et peut entraîner une peine de prison pouvant aller jusqu'à six mois, le fouettement et une amende.

L'ancien président Omar Al-Bashir aspirait à une interprétation plus stricte de la charia. Son gouvernement avait mis en place des «comités d'église» pour gérer les biens des Églises contre la volonté de ses dernières. C’est pourquoi, en 2017, des responsables d’église avaient adressé une lettre au président pour protester contre l'expropriation des communautés par ces comités. Plusieurs églises avaient été détruites, des attaques violentes avaient eu lieu, plusieurs responsables d'église avaient été arrêtés et inculpés.

Des responsables d’église locaux ont salué les propos du ministre des affaires religieuses Nasr al-Din Mufreh concernant la dissolution des comités d'église étatiques et l'abolition de la peine de mort. Jo Newhouse, porte-parole de Portes Ouvertes pour l’Afrique subsaharienne, a également souligné l'importance des changements envisagés: «Ce sont des développements remarquables. Mais nous demandons instamment au ministre des affaires religieuses de veiller à ce que l’ordonnance soit respectée avec effet immédiat et que les biens confisqués par les comités soient restitués aux Églises.» 

Il reste à voir comment les initiatives du gouvernement seront accueillies par les partisans de l'ancien régime. Portes Ouvertes est en contact étroit avec des chrétiens soudanais qui, malgré les grands changements politiques, continuent de subir une forte pression en raison de leur changement de religion. Quant aux chrétiens d'origine musulmane, ces évolutions positives sont assombries par la précarité de leur situation économique que le Covid-19 a encore aggravée. 

Et pourtant, les signes d’un changement réel se multiplient après tant d’années de persécution sévère à l’encontre des chrétiens dans le pays!