14.05.2019 / news

Persécution des chrétiens: «C’est un quasi génocide», appuie Jeremy Hunt

La persécution des chrétiens dans certaines parties du monde se situe à un niveau proche du « génocide ». C’est ce que révèlent les premières conclusions d’un rapport sur le sujet commandé par le ministre des Affaires étrangères anglais Jeremy Hunt.

Romanel- s/Lsne, le 14 mai 2019 - Le dimanche de Pâques, le monde s'est réveillé en apprenant la terrible nouvelle : au Sri Lanka, plusieurs centaines de chrétiens ont été tués alors qu'ils se réunissaient pour prier.

Prise de conscience nouvelle

« Depuis l’avènement de Daech au Moyen Orient, les massacres répétés au Nigéria et les nombreux autres attentats commis contre des chrétiens dans plusieurs parties du monde, et encore tout récemment au Sri Lanka et au Burkina Faso, il me semble que les médias et la société ont mieux pris conscience que la persécution contre les chrétiens n’a rien d’un fait isolé, mais que c’est un phénomène d’une ampleur dramatique. » relève Philippe Fonjallaz, directeur de Portes Ouvertes Suisse. « La plupart du temps, les chrétiens sont ciblés uniquement à cause de leur foi. »

Les chrétiens sont les plus ciblés

Deux semaines après les événements sanglants du Sri Lanka, les premières conclusions d’un rapport commandé par le ministre anglais Jeremy Hunt au sujet de la persécution des chrétiens étaient officialisées. « Il est important de noter que l'accent mis sur la persécution des chrétiens ne doit pas se faire au détriment des autres minorités, mais plutôt les aider et les soutenir. Les recherches indiquent cependant constamment que les chrétiens sont « la communauté religieuse la plus ciblée » et que les actes de violence et autres actes d'intimidation contre les chrétiens sont de plus en plus répandus », peut-on y lire en préambule.

Quand peut-on parler de génocide ?

Dans certaines parties du Moyen-Orient et de l'Afrique, l' « ampleur considérable » de la violence et l'intention déclarée de ses auteurs d'éradiquer la communauté chrétienne ont conduit, en Angleterre toujours, plusieurs parlementaire à déclarer que les groupes confessionnels en question avaient subi des génocides selon la définition adoptée par l'ONU qui stipule qu’un génocide est un acte « commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. »

Une déclaration appuyée le 3 mai 2019 par le Ministre Hunt en personne, lors de la publication des premières conclusions du rapport sur la persécution des chrétiens dans le monde commandé à la base pour savoir « si le gouvernement britannique fait tout son possible pour les soutenir ou non ».  

L’attitude politiquement correcte qui « laisse faire »

« En occident, le politiquement correct a endormi les consciences. Un fond d’inquiétude injustifié à traiter et s’engager dans ce domaine remonte au contrecoup de notre héritage colonialiste. Ce que nous avons oublié dans ce climat de rectitude politique, c'est que les chrétiens qui sont persécutés aujourd’hui n’ont rien à voir avec les colons d’autrefois, ils sont de fait parmi les plus pauvres de la planète », a-t-il déclaré à la presse anglaise, appuyant son analyse sur les statistiques du rapport, qui prouvent que des populations entières de chrétiens historiquement établis dans certaines régions du globe sont en train de disparaître, en raison de persécutions qui s’apparentent bien à des génocides. « Au Moyen-Orient, la population des chrétiens était d'environ 20%, maintenant elle est de 5% », détaillait le ministre Hunt en guise d’exemple.

La persécution des chrétiens prend de l’ampleur au niveau mondial

Les derniers chiffres publiés par l’ONG Portes Ouvertes corroborent le fait que la persécution prend de l'ampleur au niveau mondial. L'année dernière, l’index mondial de persécution faisait mention de 215 millions de chrétiens persécutés pour leur foi. En 2019, ce chiffre a été revu et augmenté à 245 millions. C'est un chrétien sur neuf dans le monde. En Asie, les statistiques sont encore plus choquantes : un chrétien sur trois risque d’y être persécuté.

Philippe Fonjallaz ajoute : « Portes Ouvertes n’a pas attendu un tel rapport pour l’affirmer :  de nombreux pays refusent à leurs citoyens le droit humain fondamental à la liberté de religion ou de conviction malgré leur adhésion à la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies. Notre gouvernement en Suisse devrait en faire une priorité dans ses relations diplomatiques et reconnaître que les discriminations liées à la foi et à la religion sont aussi importantes que celles liées au sexe, à l'appartenance ethnique ou raciale. Il est temps que le monde se réveille et se rende compte que la persécution a lieu tous les jours. Chacun, quelle que soit sa religion, devrait être libre de la pratiquer sans crainte. »