08.03.2021 /
Mexique
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Mexique: Un outil dans la main de Dieu

Silvia et Leopoldo ne vivent plus dans le village où ils ont grandi, vécu et élevé leurs trois enfants. Le pasteur évangélique et son épouse ont dû quitter leur terre natale – un endroit perdu à l’intérieur des terres, dans l’État d’Oaxaca, au sud du Mexique – car ils y étaient persécutés pour avoir tourné le dos à la religion traditionnelle.

La famille menait une vie paisible jusqu’au jour où quelqu’un, il y a bien des années, a encouragé Leopoldo à lire la Bible. Examinant son mode de vie à la lumière de la Parole de Dieu, il a vu à quel point il en était éloigné et a compris qu’il devait changer. Des gens ont remarqué ces changements positifs en lui et ont commencé à former une communauté évangélique autour de lui et de sa famille. Au bout de cinq ans, Leopoldo est devenu le pasteur du petit groupe qui continuait à grandir. C’est alors que la persécution a commencé.

Les villageois n’ont pas apprécié que le groupe se développe. Leopoldo et sa famille sont devenus la principale cible de leur persécution censée empêcher cette croissance. Ils leur ont coupé l’eau et l’électricité, ont exclu leurs enfants de l’école, ont refusé à la famille l’accès au dispensaire local et ont saccagé leur ­propriété.

Une foule excitée

C’était un matin ordinaire de 2013. Leopoldo, Silvia et un de leurs enfants prenaient leur petit-déjeuner quand ils ont entendu un groupe de personnes.
En s’approchant de la maison, le groupe est devenu une foule violente, qui s’est emparée du pasteur et l’a traîné de force vers le centre du village. Silvia ne savait pas que faire et a commencé par suivre la foule hurlante, avant de retourner chez elle de peur d’être emmenée à son tour.

Par la fenêtre, elle a vu quelques agresseurs se diriger vers sa maison. Elle a cru un moment qu’ils en voulaient à elle et à son fils. Puis elle a vu que leur cible était la petite chapelle en bois située juste devant sa maison.

« Nous voulons voir si ton Dieu peut te sauver »

Pendant qu’elle priait, Silvia les a entendus dire que sa maison serait la prochaine. Elle a juste eu le temps de prévenir ses beaux-parents avant que la connexion internet soit coupée.

« Nous voulons voir le Dieu que tu prêches, le Dieu en qui tu crois, et s’il peut te sauver de nos mains. »

 

Pendant ce temps, Leopoldo était toujours aux mains de la foule, qui criait : « Tuez-le, brûlez-le ! » Au milieu des cris, une voix a soudain attiré l’attention de Leopoldo : « Nous voulons voir le Dieu que tu prêches, le Dieu en qui tu crois, et s’il peut te sauver de nos mains. »

Aussitôt, Leopoldo a senti la paix dans son cœur. Dieu lui a rappelé les souffrances de Jésus.

La peur a disparu

« Quand j’ai entendu ces mots, soudain, je n’ai plus eu peur, car je savais que la Parole du Seigneur s’accomplit. Je n’aurais jamais pensé que ma vie pouvait devenir un instrument dans la main de Dieu. »

Pendant qu’ils lui donnaient des coups de pied, il continuait à prier Dieu de lui venir en aide. Puis un homme lui a donné un coup de pied dans les côtes et il s’est évanoui. Ensuite, ils l’ont traîné en prison.

Leopoldo est resté enfermé quatre jours sans aucun soin médical et sans droit à des visites. Puis la police a négocié sa libération. Mais la famille a dû fuir la ville en secret, laissant tout derrière elle.

Guérir les blessures

Pour aider Leopoldo et Silvia à s’installer à leur nouveau domicile, Portes Ouvertes leur a fourni un moto-taxi par l’intermédiaire de collaborateurs locaux. Cela permet à la famille de subvenir à ses besoins. Les parents et les enfantas ont aussi été invités à un atelier sur les traumatismes, qui les a tous aidés à surmonter les effets de la persécution. Silvia a dit : « Cela nous a été très utile. Je voyais dans les yeux de mes enfants à quel point ils étaient affectés par la ­persécution. »

Avec Leopoldo, elle est très reconnaissante du soutien que vous avez rendu possible, mais ajoute que la famille a toujours besoin de nos prières.

Tiré du magazine de mars 2021