05.11.2020 /
Nigeria
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NIGERIA: « À la fin, nous serons vainqueurs »

Marcus Abana est pasteur d’une communauté de l’État d’Adamawa, dans le nord du Nigeria. En 2014, la milice islamique extrémiste Boko Haram a mené plusieurs attaques dévastatrices autour de la ville de Mubi. Les combattants ont incendié des églises, pillé des villages et assassiné des hommes et des femmes. Les chrétiens survivants ont fui, dispersant la communauté.

Après quelques mois, les combattants de Boko Haram ont quitté la région. Peu à peu, les gens sont retournés dans leurs villages, mais rien n’était plus comme avant. Le pasteur Marcus raconte : « Tout le monde avait peur. Nous étions tous traumatisés. À notre retour, nous avons vu des taches de sang sur les murs de plusieurs églises. Ceux qui les ont vues ou en ont entendu parler ne voulaient plus venir à l’église. Ils craignaient d’être attaqués à leur tour s’ils prenaient part aux cultes. Donc beaucoup de chrétiens ont cessé de se rendre à l’église. Et après ce qui s’était passé, la foi d’un grand nombre a beaucoup faibli. » Des doutes et des tentations se sont fait jour. Pourquoi Dieu avait-il permis de telles atrocités envers ses enfants ? « Quand vous vivez avec le Seigneur et que de telles choses vous arrivent, vous ressentez une profonde déception et à la peur, vous n’avez plus aucune confiance, aucun espoir. Pour être franc, ma propre foi a aussi été ébranlée à cette époque. J’avais tellement peur. »


Le pasteur Marcus dans son église

Un nouveau départ à cinq
« Mais la Parole de Dieu m’a rappelé encore et encore que quiconque met sa confiance en Dieu ne sera pas abandonné », dit le pasteur Marcus. Malgré la peur et les tentations, il s’est accroché à Jésus et a lutté pour reconstituer la communauté, qui était en ruines, à l’image de son église. « Je suis allé visiter les chrétiens chez eux, mais seuls quatre ont accepté de venir à l’église. Nous avons donc repris les cultes à cinq – jusqu’à ce que finalement les croyants reviennent en plus grand nombre. »

Pendant cette période, Portes Ouvertes a organisé plusieurs séminaires et cours de formation, distribué des vivres et foré deux puits. « Vous n’avez pas cessé de nous encourager et de nous instruire. Grâce à cela, de nombreuses personnes ont repris courage, ont retrouvé des forces et sont retournées à l’église. Aujourd’hui, l’église est pleine. Nous savons que c’est l’amour du Christ en vous qui vous a conduits à nous montrer cet amour. »

Un message aux chrétiens du monde
« Je voudrais que les chrétiens du monde entier sachent qu’ils ne doivent pas se décourager, mais se réjouir lorsqu’une telle épreuve leur arrive (Jacques 1 :2). La persécution continuera à se produire et elle s’est déjà produite dans le passé. Nous ne prions pas pour que Dieu ôte le malheur, mais pour qu’il nous donne la grâce de tenir bon. La Bible nous dit que quiconque persévère jusqu’au bout recevra une couronne de justice. C’est le message que je voudrais transmettre aujourd’hui aux chrétiens du monde entier.

Avant les attaques de Boko Haram, notre communauté comptait 200 croyants. Aujourd’hui, nous sommes entre 300 et 400. Certaines petites communautés de la région, dont les églises ne pouvaient accueillir que 100 personnes, en ont construit de plus grandes qui reçoivent maintenant 500 personnes. Comme notre Seigneur Jésus a traversé la souffrance, nous qui sommes devenus ses disciples souffrons aussi – mais à la fin, nous serons vainqueurs. »

Merci de continuer à prier pour les chrétiens persécutés au Nigeria. Malgré les restrictions de déplacement dues au coronavirus, la violence contre les chrétiens ne faiblit pas. Le témoignage du pasteur Marcus n’est qu’un exemple des effets dévastateurs que les atrocités commises par les extrémistes islamiques peuvent avoir sur les communautés chrétiennes. Les traumatismes, la peur et la détresse peuvent ébranler la confiance en Jésus. Prions pour la persévérance des croyants et pour l’aide de Dieu. /

Tiré du magazine de novembre 2020