17.07.2020 / news

Mozambique: Nouveau foyer de persécution des chrétiens

Une attaque de djihadistes dans le nord du Mozambique a provoqué la panique au sein de la population locale. 20 responsables d’églises et plus de 300 familles chrétiennes ont besoin de nos prières.

Le Mozambique fait partie des pays situés à la porte de l'Index mondial de persécution. Depuis plusieurs années, on y voit monter les signes avant-coureurs de la persécution. Aujourd'hui, des centaines de familles chrétiennes sont dans la détresse.

Les combattants islamiques sont arrivés en grand nombre à Mocímboa da Praia le 27 juin dernier. Ils ont mis le feu à une église catholique, à une école secondaire, à l'hôpital du district et à des dizaines de maisons, de voitures et de magasins. Les attaquants ont également libéré des détenus d'une prison locale avant de hisser des drapeaux noirs de l'État Islamique. Les assaillants ont eu «une brève confrontation avec la police et l'armée». L'affrontement a duré plusieurs heures. Selon les témoins, le sol était jonché de cadavres, y compris de civils. 

L’insécurité grandissante et persistante dans la province de Cabo Delgado le long de la frontière tanzanienne inquiète fortement la population. Environ 500’000 personnes seraient impactées par ces violences. Portes Ouvertes a reçu un appel concernant 20 responsables d’églises et plus de 300 familles chrétiennes pour les aider à surmonter la tempête: «Priez pour que des moyens soient mis en œuvre par des partenaires sur le terrain afin d’apporter l'aide dont nos frères et sœurs traumatisés ont désespérément besoin au milieu des complications de Covid-19.»

Mocimboa da Praia et ses environs ont subi plusieurs attaques violentes ces derniers mois. Fin mars, les assaillants ont hissé leur drapeau au-dessus de cette ville côtière qu’ils ont tenue pendant plusieurs heures. Le 1er avril, les djihadistes ont envahi quatre villages alentours. Ils ont incendié une église à Miangalewa et détruit des bâtiments institutionnels dans les villages de Namacunde, Ntchinga et Moatid. L’attaque la plus meurtrière à ce jour a eu lieu le 7 avril à Xitaxi, faisant 52 morts, des jeunes ayant refusé de rejoindre les rangs des assaillants.

Les violences ont commencé en octobre 2017, alimentées selon les observateurs par la marginalisation de la population musulmane pourtant majoritaire dans la région. Le gouvernement, qui affirme avoir tué plus de 100 insurgés au cours des derniers mois, est accusé de brutalité envers les civils.

Alors que l’État Islamique a revendiqué sa responsabilité dans plusieurs de ces actes, un certain mystère entoure leurs auteurs. Sont-ils en lien avec le groupe islamiste Al Shabaab en Somalie? Des extrémistes venus du Kenya et de Tanzanie seraient aussi impliqués dans ces attaques.